Chronique sur La bête originelle de Simon Rousseau

La bête originelle

Note : 9,5/10

« Mais qu’est-ce que je raconte ? Je me relis et j’ai l’impression que quelqu’un d’autre a écrit ces élucubrations démentielles à ma place. Comment mon esprit peut-il dérailler si brusquement ? Comment la raison peut-elle m’abandonner à intervalles aussi irréguliers ?

C’est clair. C’est limpide.

Elle m’a rendu fou.

Complètement fous. »

Vézina

Résumé : « Le cadavre d’une femme est découvert dans son appartement, sa tête remplacée par celle d’un grand chien noir.

Parallèlement, une patiente souffrant de schizophrénie paranoïde dessine avec obstination des corps mutilé, munis de parties animales. Des hybrides.

Le lieutenant-détective Marc Vézina mène l’enquête, l’obligeant à s’égarer dans les méandres d’un esprit dément et méthodique : celui de la bête originelle. »

Mon Avis

Pour avoir bouquiné « Peter Pan » et « La reine des neiges », je peux vous dire qu’avec « La bête originelle » l’écrivain m’a de nouveau donné des froids dans le dos. Un roman d’épouvante qui n’est pas resté longtemps entre mes mains. Aussitôt commencé, aussitôt terminé.

En soi, j’ai vraiment apprécié cette œuvre littéraire. Sans compter la page couverture, vous avez vu cela ? Une chouette merveille ! Une trame qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière page, des personnages hors du commun et plusieurs soupçons de mystère… Tous les ingrédients sont présents pour confectionner un excellent roman policier.

UN VOYAGE AU CŒUR DE LA PROVINCE QUÉBÉCOISE…

Résidant au Québec, je peux vous dire que l’action se déroule dans mon petit coin de pays. Rire. N’étant pas décrit à profusion, les lieux peuvent être méconnaissable pour certains, néanmoins, il est possible de s’orienter. Pour ma part, je pense surtout à l’Île-d’Orléans, une petite île du fleuve Saint-Laurent, près de la ville nationale (Québec).

Dans « La bête originelle », on fait la connaissance de Marc Vézina, un lieutenant-détective qui n’espère rien relativement à son travail. Insatisfait, il préfère arrêter les criminelles en un claquement de doigt plutôt que de leur courir en arrière pour les rattraper. Également rempli d’humanité, c’est un homme dont les perceptions peuvent exploser lorsque la situation est exécutée avec une grande cruauté. Possédant des blessures intérieures, il se rend compte du monde qui l’entoure tout comme du danger, plus que les autres personnalités. Ainsi, quand Vézina est appelé sur une scène de crime dont l’image semble être effectué de manière inconcevable, il doit faire appel à toute sa conscience pour ne pas sombrer dans la folie. Indice après indice… Le lieutenant se retrouve toujours dans les sombres abysses de cet esprit tourmenté. Et si au cours de cet enquête, Vézina commençait à perdre contact avec la réalité ? Ce crime le mènera-t-il vers une descente en enfer ?

CONSIDÉRATION DE LA SANTÉ MENTALE…

Ayant étudié en psychologie et la psychiatrie, j’ai beaucoup aimé le fait que l’auteur n’écrive pas sans raison. En effet, Simon Rousseau a pris le temps de faire de multiples approfondissements tout comme de les mettre en lumière. Dans « La bête originelle », c’est surtout la schizophrénie qui est mis au-devant de la scène. Le tout a été expliqué avec respect, que ce soient les symptômes ou par rapport à la famille.

Concernant la plume d’écriture de Simon Rousseau, elle est soignée et coulante. Direct, il n’hésite pas à utiliser le joual au niveau de ses dialogues. Simple, il est accessible de se plonger dans la tête du protagoniste. Sans aucun doute, cela nous permet de ressentir encore plus facilement leurs émotions, sans toutefois se porter à l’excès.

À propos des interlocuteurs, ceux-ci sont tout aussi différents les uns des autres et pourtant, ils ajoutent tous une touche de coloration. Finalement, cela apporte une ambiance diverse à l’histoire. Je peux dire qu’ils sont captivants à découvrir au fil des pages.

Un dernier mot ?

En somme, « La bête originelle » est un macabre récit qui n’est pas réservé à tout le monde. Une sublime couverture, un auteur rempli de talent… Quoi demander de mieux ? Se lisant d’un coup et tout aussi aisément, on s’accroche aux péripéties ainsi qu’à certains individus. Je ne sais pas vous, mais bouquiner « La bête originelle » m’a donné envie d’entrer au sein des autres enquêtes. Celles d’une saga, soit « Oswald Taylor ». Qui sait ?! Une intrigue qui s’installe dès les premières lignes au sein de l’esprit du lectorat. Il va de soi que je vous recommande ce roman horrifique, j’espère qu’il vous plaira autant qu’il m’a plu.

#Sara

Chronique sur Au nom de l’horreur de L.P. Sicard

Au nom de l'horreur

Note : 9,5/10

« Mes pieds se posent sur les marches au bois craquant, mes doigts caressent distraitement les balustrades comme les cordes d’une harpe tandis que je monte à l’étage. Il me vient à cet instant des pensées rêveuses : qui donc a foulé ces marches, jadis ? J’imagine un enfant s’éveillant aux premières clartés de l’aurore, les descendant sur la pointe des pieds pour ne pas réveiller ses parents; j’imagine un homme, angoissé par les troubles politiques, les montant d’un pas impatient; j’imagine une femme, y restant pensivement immobile, perdue dans ses souvenirs… »

Philippe

Résumé : « Ce qui nous effraie tant de la folie est que nous la savons en nous. Philippe Durand est invité au luxueux Manoir des Cimes, fidèle reconstruction d’un bâtiment bicentenaire, de même que sept autres convives. Leur séjour ne tarde toutefois pas à devenir un effroyable cauchemar où rampe le mal et s’amuse l’horreur. Des cadavres retrouvés disparaissent, des marques inexplicables couvrent planchers et murs, des cris résonnent au-delà des portes closes…

Complot, délire ou vulgaire jeu ? Les survivants seuls trouveront la réponse, si survivants il y a… »

Mon Avis

C’est grâce à la version gore de « Blanche-Neige », un des récits des contes interdits que j’ai découvert la calligraphie et le sombre univers de L.P. Sicard. Je me souviens d’avoir adoré cette lecture. En toute franchise, au début, je n’étais pas une adepte de livres horrifiques (les films et séries télévisées, c’est autre chose), qui sait peut-être que la raison est je n’avais pas trouvé la perle rare. Celle qui m’ouvrirais les portes de ce genre littéraire qui m’est totalement inconnu. Je l’ai reconnu en « Blanche-Neige ».

Comment dire… J’ai été comme hypnotisé par ce roman ainsi que par cette folie dans laquelle l’auteure voulait m’emporter. C’est avec impatience que j’attendais sa prochaine œuvre qui me ferait autant vibrer que sa première. Je ne vous cacherai pas que je n’ai pas hésité une seule seconde à me procurer « Au nom de l’horreur ». Maintenant que ça fait deux écrits que je lis, je peux dire que L.P. Sicard vient de gagner une admiratrice.

UNE SANGLANTE MISE EN SCÈNE DE L’ÉPOQUE…

Au fur de ma lecture, j’avais la vague sensation d’être dans un de ces vieux films des années 90. Des projections d’épouvante qui n’ont rien à voir avec celles d’aujourd’hui. En effet, celles d’avant étaient meilleures. Habilement retranscrit, l’auteur nous plonge au cœur du XIXe siècle, à l’ère française, là où les plus belles monstruosités sont au centre de l’attention. À travers sa calligraphie, L.P. Sicard nous fait venir dans une trame, qui au fil des pages, devient de plus en plus ténébreuse et impénétrable. Alternant entre la tangibilité et l’allégorie, l’histoire ne cesse de monter en crescendo jusqu’à atteindre le ciel étoilé de la nuit, permettant ainsi le lectorat de rester sur ses gardes.

Dans « Au nom de l’horreur », on fait la connaissance de Philippe, un homme de trente-un ans. Ayant gagné un voyage en France, d’une semaine, pour donner suite à un concours en ligne, il est invité au Manoir des Cimes, un établissement qui a deux cents ans, tout comme sept autres individus. Toutefois, dès leur arrivée, de sinistres manifestations apportent son lot de considération. Cadavres après cadavres, l’épouvantable mystère du Manoir des Cimes ne peut s’empêcher de tourner court et de s’épaissir. Alors qu’ils croyaient tous qu’ils allaient vivre un séjour de luxe, les voilà entraîner dans une course contre la montre. À la recherche des réponses à leurs questions, les huit résidents du Manoir des Cimes devront également se livrer dans une partie de cache-cache tout en essayant de se protéger de cet être qui hante leurs cauchemars. Arriveront-ils à ressortir indemne de cette aventure ? Qui parmi eux verra son sort sceller par la mort ?

ACCEPTATION DU SORT…

En utilisant un décor comme cet établissement clos, L.P. Sicard démontre la réalité émotionnelle de l’être humain. En effet, d’une certaine manière, cela contribue à l’accélération du stress et aux nombreuses réactions de défense. D’autant plus que ces visions horrifiques soulèvent une introspection sur les comportements humains lorsqu’ils se retrouvent en face de l’ange de la mort. Ceux-ci sont représentés selon les différentes perceptions des protagonistes.

En ce qui concerne le style d’écriture de l’écrivain, il est fluide et à la fois addictif. Aussitôt que les chapitres défilent, il est très difficile de ne pas pousser la réflexion plus loin. Poignant tout en étant percutant, certaines scènes du texte nous prennent à la gorge tellement qu’elles sont détaillées. Glauque est le mot ! Rire. Cependant, ce n’est pas pour me déplaire. Pour ma part, lorsque je bouquinais ce genre de passage, cela me donnait encore plus envie de découvrir la suite.

WAHOUUU !!! Au niveau des péripéties, je n’ai rien à dire, mise à part, le fait que j’avais l’impression que l’auteur s’assurait de nous amener en plein déni à chaque fois que l’on se rapprochait du but, soit par le biais d’une parole ou d’un événement. De quoi donner le tournis. Ou à mener la pensée plus loin. Ayant vu beaucoup de productions cinématographiques et de feuilletons (des mauvaises comme des bonnes), je peux vous dire que ce n’est rien, que ce sont des jeux d’enfant, contrairement à « Au nom de l’horreur ».

Un dernier mot ?

Finalement, « Au nom de l’horreur » est un roman horrifique à ne pas mettre entre les mains des âmes sensibles. L.P Sicard est parvenu à me faire résonner de frissons. Du début à la fin, j’en ai eu la chair de poule… Ce qui montre l’important talent de l’auteur pour l’écriture. Je souhaite, en secret, que ce bouquin soit adapté en mini-série. Ça serait tout simplement MALADE ! Une œuvre littéraire qui a réussi à conquérir mon cœur. Aussi, par le biais du regard des personnages, je me suis senti replonger dans mes cours de psychologie et de psychiatrie à la santé mentale. Il va de soi que je vous recommande « Au nom de l’horreur », j’espère qu’il vous plaira autant qu’il m’a plu.

#Sara

Chronique sur Le petit chaperon rouge écrit par Sonia Alain

Le petit chaperon rouge

Note : 9/10

« Appuyé sur ses épaules, son loup lui donna un coup de langue sur l’oreille, la mordilla sans la blesser. Ils se laissèrent tomber au sol en harmonie, elle à genoux, lui sur ses quatre pattes. Elle enroula ses bras autour de lui, le pressa contre sa poitrine en fermant les paupières. Elle était solitaire depuis si longtemps. Ces retrouvailles l’emplissaient de joie, qui était bienvenue en cette période sombre de son existence.

— Le lien qui t’unit à lui est puissant, murmura une voix dans son esprit. Ne t’avais-je pas dit que le moment venu, il te protégerait du mal ?

— Merci, grand-mère…, chuchota Angelika en se lovant davantage contre la bête. »

Angelika & Grand-mère

Résumé : « Une vieille Tsigane en communication avec des esprits, condamnée à une fin tragique pour avoir découvert la vérité au sujet de sa fille.

Une enfant retrouvée dans les bois, devenue plus tard une séductrice avide de vengeance.

Un groupe d’hommes aux mœurs vicieuses, semant l’horreur sur leur passage.

Un sergent de police acharné, tentant d’endiguer une série de meurtres barbares à caractère sexuel.

Un loup rôdant dans la nuit, à la recherche d’une proie délectable. »

 Mon Avis

Avant tout, il faut que vous sachiez que « le petit chaperon » rouge est un achat dont j’ai fait l’acquisition l’année passée au Salon du livre de Montréal.

Est-ce que je regrette de l’avoir acheté ? Non, mais tellement pas ! Pourquoi ? Et bien… d’une part, parce que c’est un roman horrifique qui fait partie de la collection littéraire des contes interdits et d’autre part, car l’histoire est écrite par Sonia Alain. Une auteure québécoise que j’aime beaucoup et admire depuis mes seize ans environ. Deux points qui ont rapidement attiré mon regard, que voulez-vous ?! Rire.

UN DICTON TRÈS REPRÉSENTATIF…

Vous connaissez l’expression « la vengeance est un plat qui se mange froid » ? En toute franchise, si vous voulez mon opinion, je trouve que cette phrase prend tout son sens dans « le petit chaperon rouge ». À travers ses mots, Sonia Alain nous montre en quoi la vengeance peut dominer la vie d’une personne. Sans compter qu’il est difficile de mettre de côté le roman, même pour un court instant.

UNE VERSION REVISITÉE DU CONTE…

Que dire de cette nouvelle forme ?! En effet, l’auteure a su me donner la chair de poule plus d’une fois. C’est gore et sombre jusqu’à la toute dernière page. En plus, d’avoir plusieurs frousses ici et là, Sonia Alain nous apporte également quelques sensations fortes. Parsemé de moments tout aussi touchant qu’épeurant, il y en a pour tous les goûts.

Dans « le chaperon rouge », on fait la connaissance d’Angelika, une jeune femme qui a vécu un horrible traumatisme il y a trois ans. S’étant juré de retrouver les hommes qui ont massacrés sa mère et sa grand-mère, elle compte évidemment honorer sa promesse. Quant à Olivier, un sergent de police qui essaie de capturer un tueur sadique qui ne cesse de laisser des corps, à connotation sexuel, sur son passage. Et quelques groupes composés d’homme dont le cœur et l’âme n’existe plus depuis très longtemps. Angelika et Olivier parviendront-ils à atteindre leur objectif ? C’est à ce moment qu’une course contre la mort débute…

Concernant la plume d’écriture de l’écrivaine, elle est coulante et addictive. On se laisse facilement immergé par l’atmosphère glauque et les mauvaises actions du récit. Sonia Alain est parvenue à capter mon attention durant tout le long de ma lecture. D’autant plus que les scènes sont détaillées et passent rapidement. Soutenu, le rythme ne nous permet pas de reprendre notre souffle. Ainsi, par le biais de la calligraphie de l’écrivaine, on ressent fortement les émotions d’Angelika.

Au niveau des lieux, ceux-ci sont bien décrits et regorgent de détails qui permettent à l’imagination de les visionner.

DES PROTAGONISTES CHANGEANTS…

« Le petit chaperon rouge » nous offre une multitude de personnages tel qu’Angelika. C’est une femme remplie de caractère qui ne se laisse pas démonter par les autres. Séductrice, elle ne tombe pas non plus dans le cliché de la veuve noire. Et le loup. Il est adorable, sa relation amicale avec la jeune femme est superbe. Désormais alliés, ils ne font plus qu’un.

Un dernier mot ?

Finalement, « le chaperon rouge » est une œuvre littéraire que je relirai éventuellement. Des interlocuteurs fascinants qui peuvent inspirer l’empathie et d’autres, qui me donnent des envies de meurtre. Sonia Alain est une de mes auteures favorites et dont je ne pourrai me lasser de lire. Je vous conseille fortement « le petit chaperon rouge », j’espère qu’il vous plaira. Laissez-vous tenter par cette histoire d’horreur selon laquelle les prédateurs deviennent les proies et les pâtures se transforment en rapace.

#Sara

Chronique sur Bouche Cousue de Marilou Addison

Bouche Cousue

Note : 8,5/10

« […]

Je n’ai lâché le volant qu’une fraction de seconde. Juré. Je ne l’ai pas fait exprès. Pas que je m’en sois voulu, de toute manière. J’étais plutôt indifférente. Sauf que ça allait m’occasionner davantage de problèmes. Je l’ai senti à la seconde où ma voiture a fait une embardée vers la droite. Vers ce piéton qui ne m’a jamais vue venir. Non mais, que fabriquait-il là, aussi, alors qu’il était si tard ? J’ai pourtant tenté de freiner. Sans succès. J’aurais dû faire changer les freins il y avait un moment, déjà. Pas besoin d’ajouter que je n’avais pas encore eu le temps de m’en charger…

Lorsque je me suis enfin arrêtée, je savais que le corps du piéton ne se trouvait plus à l’avant du véhicule, mais qu’il avait glissé sous celui-ci, entre les deux roues. Assez difficile d’aller le repêcher. C’est pourquoi j’ai décidé de peser encore un peu sur l’accélérateur. Il serait plus facile pour moi de hisser le corps dans le coffre si je me contentais de passer dessus pour le dépasser. Bon, c’est vrai que mon coffre déjà plein risquait de déborder, mais je n’avais pas tellement le choix.

En soupirant, je suis sortie en laissant le moteur fonctionner. Après tout, il n’était pas question de m’éterniser. J’allais faire vite, alors pourquoi éteindre mon moteur ? J’étais tout de même légèrement curieuse de découvrir sur qui je venais de rouler, je l’avoue. J’habitais dans cette ville depuis quatre ans et j’étais assez active dans la communauté. Je connaissais presque tout le monde. Ou, en tout cas, je me rappelais vaguement qui était lié à qui. Il faut dire que cette municipalité n’est pas immense. On en a vite fait le tour.

Mon arrivée avait créé un choc dans le quartier. Tout le monde me regardait de travers. Ç’a pris une bonne année avant qu’on cesse de me lancer des regards terrifiés, pour finalement m’étiqueter comme une simple bonne femme sans histoire.

Mes voisins se sont dégênés et ont voulu savoir si j’avais un mari. J’ai alors dû leur expliquer que celui-ci était malade. C’était pour ça qu’ils ne le voyaient jamais sortir de la maison. Contrairement à moi, qui étais de tous les événements. Marché aux puces, forum ou réunion de citoyens, Cercle de Fermières, j’allais fouiner un peu partout.

Il le fallait.

Je devais être au courant de tout.

Pour ne pas être prise au dépourvu. »

Béatrice

Résumé : « J’ai lâché le volant une fraction de seconde seulement. Juré. Je ne l’ai pas fait exprès. Pas que je m’en sois voulu, de toute manière. J’étais plutôt indifférente. Sauf que ça allait m’occasionner davantage de problèmes. Je l’ai senti à l’instant où ma voiture a fait une embardée vers la droite. Vers ce piéton qui ne m’a jamais vue venir. Non mais, que fabriquait-il là, aussi, en plein milieu de la nuit ? J’ai pourtant tenté de freiner. Sans succès. J’aurais dû faire changer les freins il y avait un moment, déjà. Mais j’avais manqué de temps pour m’en charger… Lorsque je me suis enfin arrêtée, je savais que le corps ne se trouvait plus à l’avant du véhicule, qu’il avait glissé entre mes roues. Assez difficile d’aller le repêcher. C’est pourquoi j’ai décidé d’appuyer encore un peu sur l’accélérateur. »

Mon Avis

Tout d’abord, je remercie chaleureusement Communications Julie Amoureux et les éditions de mortagne pour l’envoi de ce service presse.

« Bouche cousue » est le premier livre de Marilou Addison que je lis et je dois dire que je n’ai pas été déçu côté horreur. C’était… Wow. Je ne saurais vous expliquer, mais disons que c’était écœurant (dans les deux cas) tout en étant intéressant à découvrir. N’étant pas familière avec le style d’écriture de l’auteure, je me suis dit que c’était le moment parfait pour débuter sa toute nouvelle histoire (clin d’œil à halloween). Finalement, je suis contente d’être entré dans cet univers littéraire aussi spécial que glauque. Rire.

ÂMES SENSIBLES, VEUILLEZ VOUS ABSTENIR…

Évidemment, « Bouche cousue » est un chouette cocktail à se mettre sous la dent. Toutefois, je dois dire que… Comment décrire cela ?! Chapitre après chapitre, j’avais l’impression que mon esprit se faisait torturer lentement. Ainsi, comme mon petit titre le dit si bien, si vous avez le cœur léger, vous risquez fortement d’être secouer de haut en bas dans tous les sens du terme. Rire.

Dans « Bouche cousue », on fait la connaissance de Béatrice Ross, une femme draconienne qui est atteinte d’un trouble psychologique, la syllogomanie. En plus, de vivre dans une maison qui laisse à désirer, elle ne cesse d’accumuler des acquisitions inutiles pour finalement, ne plus s’en débarrasser. Cependant, il ne vous pas se fier aux apparences, celles-ci sont souvent très trompeuses. En effet, derrière cette façade, Béatrice s’avère être une femme égoïste qui aime vivre dans la barberie. N’habitant pas seule dans cette demeure, elle y vit aussi avec Charlie, son mari à la bouche cousue qu’elle essaie de maintenir en vie, et son troupeau de chats enragés qui se nourrissent à base de viande fraîche (des cadavres). Charmant, n’est-ce pas ?!

Béatrice profite de sa sympathique vie sanguinaire en allant à la messe avec les membres du groupe du Cercle des Fermières. À ses yeux, tout était parfait… Jusqu’à ce qu’elle renverse une personne avec sa voiture. Dorénavant, plus rien ne sera comme avant. C’est à partir de ce moment crucial que Béatrice va commencer à perdre fréquemment le contrôle tout en faisant couler le sang. Quelqu’un aura-t-il le courage de l’arrêter avant qu’il ne soit trop tard ? Sur combien de temps, cette boucherie va-t-elle s’étaler ?

En ce qui concerne la plume d’écriture de l’auteure, elle est fluide et addictive. On se laisse rapidement entraîner dès les premières pages. Directe et franche, Marilou n’hésite pas à détailler et à rajouter des couches et des couches de noirceur afin de raconter l’histoire de Béatrice Ross. Sans compter que j’ai été également captiver par le contenu, au point de le terminer en un jour. Je n’ai ressenti aucun ennui… Enfin, avec ce que le roman contenait, je l’espère bien. Rire.

DES PÉRIPÉTIES NE POSSÈDANT AUCUNE CENSURE…

Ça, alors, je ne pouvais pas l’énoncer dans d’autres termes possibles. Les aventures du protagoniste principal sont remplies de bizarreries tout en étant sordides. Moi, qui a un cœur léger… Je ne vous cache pas que c’était une expérience assez lugubre qui m’a donné la chair de poule plus d’une fois. Marilou Addison a également ajouté plusieurs soupçons de mystère et de meurtre afin d’y mettre un peu (beaucoup) de piquant.

Au niveau de la conclusion… Heu… Hein ?! En toute franchise, c’était une fin inattendue qui a su me scotcher sur place. L’écrivaine a su sortir son épingle du jeu. Pourtant, j’avoue que la page couverture est parvenue à accrocher mon regard, dès que je l’ai vu. Que voulez-vous, j’adore tout ce qui touche les univers horrifiants. Divertissant à souhait, les chapitres ne cessent de s’empiler les uns sur les autres.

Un dernier mot ?

En somme, « Bouche cousue » est une œuvre littéraire qui vous plonge au cœur d’un récit où toutes pertes de contrôle peuvent provoquer un effet destructeur. Un personnage antipathique et disgracieux à la fois. Une histoire qui se termine par une choquante vérité que nous n’avons pas vu venir. Le besoin de savoir comment l’auteure a décidé de conclure son roman est inévitable. Il va de soi que je vous recommande « Bouche cousue », mais attention aux âmes fragiles. Pour ma part, j’espère de nouveau retrouver la calligraphie de Marilou Addison à travers l’un de ses autres écrits.

#Sara

Chronique sur La reine des neiges de Simon Rousseau

La reine des neiges

Note : 9,5/10

« Il abandonna le pin déchu et se dirigea vers le campement, quelques centaines de mètres plus loin. Sans savoir pourquoi, il marcha d’un pas plus rapide que d’ordinaire. Il ne se sentait pas bien. Une indicible angoisse s’emparait de son esprit, comme s’il venait de commettre une grave erreur.

C’était quoi, cette odeur ?

Quand il regagna finalement le camp, il confirma à Marcel qu’il avait accompli son devoir, puis s’enferma dans un mutisme absolu. René s’empiffra néanmoins comme jamais, dévorant plus du double de la portion qui le satisfaisait normalement.

La nuit s’avéra plus glaciale que ce qu’avait annoncé la météo. René grelottait dans son lit depuis plus d’une heure, mais ce n’était pas la température qui le maintenait éveillé. Il ne cessait de repenser au grand pin, aux subtils phénomènes ayant suivi sa chute. Cette émanation singulière et fétide, est-ce qu’elle était vraiment liée à l’arbre ? Comment cela pouvait-il être possible ? Et ce froid ? Et cette faim subite ?

Pour une raison qui lui échappait, il regrettait d’avoir coupé ce pin. Il avait la vague impression d’avoir fait une erreur, d’avoir commis un sacrilège… Comme s’il avait coupé plus qu’un simple arbre.

Comme s’il avait libéré quelque chose de l’écorce du pin.

Quelque chose de mauvais. »

René

Résumé : « Fuyez. Elle arrive, elle est tout près. Elle n’épargnera personne. Les arbres tombent, la terre gèle, l’air est infect. Courez si vous ne voulez pas finir six pieds sous la neige. Une adaptation déroutante du fameux conte d’Andersen. Le meurtre immonde d’un prêtre dans un pensionnat autochtone, au début des années 1970. L’inconcevable suicide du grand-père d’une journaliste prête à tout pour faire éclater la vérité. Un chamane amérindien banni de sa communauté, reclus au cœur d’une forêt mystique. Une entité ancienne née du froid et de la famine, prête à rétablir son pouvoir sur son royaume de glace. Une effroyable légende, oubliée de tous. »

Mon Avis

Avant tout, je remercie chaleureusement Simon Rousseau pour la dédicace (elle m’a bien fait rire) ainsi que pour son histoire. Celle-ci m’a glacé le sang jusqu’à la fin.

« La reine des neiges » est le deuxième roman écrit par Simon Rousseau que je lis. Avant de commencer, je ne savais pas à quoi m’attendre… C’est la reine des neiges. Donc, forcément, ce qui nous vient à l’esprit, c’est la même chanson… Libérée, délivrée… Non ! Rire. Non. Simon s’est plutôt inspiré du conte original de Hans Christian Anderson afin de créer sa propre image de la reine des neiges. À mes yeux, je trouve que c’est une bonne idée, car cela ajoute du réalisme tout en étant captivant et imaginatif.

Je l’avoue, je me suis attaché à la calligraphie de l’auteur. D’autant plus qu’il m’a également donné l’envie de découvrir ses autres récits. Je me laisserai sûrement tenter. Loin de l’univers de « Peter Pan », l’écrivain nous entraîne dans un monde où la magie et les légendes règnent. En effet, les passages du texte sont un peu plus sombres et glauques que dans son premier conte interdit. J’ai adoré cette nouvelle version de la reine des glaces !

RESPECTUEUX DE L’ENVIRONNEMENT…

Simon Rousseau, par le biais de son style d’écriture, nous démontre sa belle considération envers la nature. Étant étudiante en biologie (j’adore l’écosystème qui m’entoure), je ne peux qu’être en admiration devant les mots qu’il a choisi afin de faire prendre conscience, aux lecteurs et lectrices, l’importance de la niche écologique.

Dans « La reine des neiges », on fait la connaissance d’Anna, une jeune femme qui étudie en journalisme afin de faire des reportages sur le terrain. Après avoir appris le décès suspect de son grand-père paternel, doit retourner en Abitibi, sa terre natale. Dès son arrivée, Anna y retrouve sa grand-mère ainsi que tous les souvenirs qu’elle avait lorsqu’elle habitait dans le Nord. Toutefois, peu à peu, les questionnements et des doutes commencent à germer dans sa tête. Pourquoi Émilie, son grand-père, a-t-il posé cet acte ? Quelles sont les circonstances de sa mort ? Est-ce réellement un suicide ou est-ce un individu quelconque qui a pris la décision de maquiller le meurtre en autodestruction ? Cependant, plus Anna reste en Abitibi et plus sa curiosité prend le dessus sur la raison.

Prise dans une enquête qui la dépasse, la jeune femme sera confrontée non seulement aux problèmes et aux hostilités qu’engendrent les cultures amérindiennes et les populations « blanches ». Anna arrivera-t-elle à découvrir la véritable raison qui a causé la perte de son grand-père ? Alors que la réalité et les légendes s’entrechoquent, un esprit malin semble prêt à tout pour assouvir sa soif sans fin en tuant toute personne qui se dressera sur son chemin. Parviendra-t-elle à vaincre Elsa, cette entité née du froid et de la famine ?

En ce qui concerne la plume de l’auteur, elle est fluide et addictive. Dès les premières pages, l’écrivain nous emporte dans une toute autre couleur que celle de « Peter Pan ». En effet, « la reine des neiges » est une histoire distincte et magique qui a su m’amener dans les bas-fonds de l’hiver québécois. Horrifique ? Simon Rousseau a de nouveau tenu pari avec ce frisson polaire. Nous sommes tellement loin de l’aventure féerique tenu par Disney. Rire.

À travers « La reine des neiges », l’auteur parvient à dénoncer quelques préjudices environnementaux et les nombreuses situations moraux faites par l’Homme. Autodestructrice, la nature humaine ne cesse de privilégier les plus forts, au détriment des autres. En outres, en alternant du passé au présent, nous comprenons comment certains événements se sont déroulés. Au fil des feuilles, le bouquin parvient à nous tenir en haleine jusqu’à la fin. Une trame bien construite et charnue qui ne possède aucun filtre. Tout comme un squelette humain, chaque description, action ou parole est à sa place. Une terrifiante merveille !

Un dernier mot ?

Finalement, « La reine des neiges » est une œuvre littéraire qui a su me conquérir, malgré mon cœur tendre. Une partie de moi est admirative de tout ce qui touche à l’horreur, donc il était impératif que je bouquine l’alter-ego du conte réalisé par Disney. Une intrigue échafaudée avec brio, des frissons et une calligraphie unique… Un excellent cocktail. Il va de soi que je vous conseille cette lecture, j’espère qu’elle vous plaira autant qu’elle m’a plu. Pour ma part, je compte bien me plonger dans les autres écrits de Simon afin de connaître ces différents univers littéraires.

#Sara

Chronique sur Les contes interdits : les 3 p’tits cochons de Christian Boivin

Les 3 p'tits cochons

Note : 9/10

« – Mes condoléances Alicia.

« Qu’ils aillent tous chier, avec leurs maudites condoléances », pensa rageusement Alicia alors que les rares personnes présentes quittaient le cimetière. Cependant, elle ne démontra aucun signe d’animosité, à l’image de la fille sage et respectueuse qu’elle était, et offrit un sourire las en guise de remerciement à celui qui avait été le patron de sa mère.

Pourtant, elle aurait pu projeter sa rage au visage de l’homme ventru en toute légitimité, puisqu’il était en grande partie responsable de son décès. En effet, le propriétaire du bar Le loup hurleur avait insisté pendant de nombreuses années afin que la mère d’Alicia subisse une intervention d’augmentation mammaire. « Ce serait bon pour les affaires, qu’il n’arrêtait pas de lui répéter, ce serait bon pour tes pourboires. » Devant son refus obstiné, il avait même proposé de lui prêter une partie du montant nécessaire, à un tau d’intérêt amical, bien entendu. Puis, au fil du temps, après des années de harcèlement quasi continu, elle avait fini par abdiquer. Son patron avait raison, avait-elle fini par se convaincre, elle n’était plus aussi « fraîche » qu’auparavant, elle n’était plus de taille à compétitionner contre les jeunes poules aux seins fermes et à la taille fine qu’il venait d’engager. Toutefois, le problème demeurait le même : n’ayant que peu de moyens depuis son divorce, elle ne savait pas comment elle allait s’offrir une poitrine digne des attentes de son patron.

Désespérée, elle avait cru que celui-ci allait la congédier incessamment, jusqu’à ce qu’elle entende parler d’un concours à une radio-poubelle de Québec dont le prix était justement une augmentation mammaire. N’ayant rien à perdre, elle avait décidé de s’inscrire et elle avait gagné le concours, contre toutes attentes. Cependant, si elle avait su ce qui l’attendait, elle aurait probablement préféré le congédiement à un plus gros pare-chocs, puisqu’elle avait fait un arrêt cardiaque pendant la procédure chirurgicale. Comble de malheur, toutes les compagnies d’assurance impliquées dans le dossier avaient refusé d’indemniser Alicia puisque le concours avait été jugé illégal. »

Résumé : «Trois individus qui trempent dans le voyeurisme, la pornographie, le cannibalisme et la nécrophilie.

Une étudiante universitaire menant une vie bien rangée qui se retrouve à la morgue après avoir consommé du Flakka.

Un tueur à gages qui revient dans sa ville natale afin de mettre sa sœur en terre et qui découvre de troublantes vérités à son sujet.

Une rousse excentrique à la libido débridée et dénuée de tout sens moral, capable de pervertir les âmes les plus pures. »

Mon Avis

Je remercie les Éditions Ada pour l’envoie de ce service presse. Enfant, j’aimais bien lire à chaque année l’histoire des trois petits cochons. Cependant, à travers les mots de l’auteur, ce classique s’est véritablement transformé en film d’horreur… ce qui n’a pas plu à mon petit cœur d’artichaut.

Malgré cela, j’ai adoré lire cette nouvelle version. Il ne me manquait plus qu’un sac de popcorn. Sans compter qu’on y retrouve également des thèmes assez lugubres tels que le voyeurisme, la nécrophilie, le cannibalisme et la pornographie. Des idées enveloppantes, mais qui nous donnent envie de régurgiter.

Suite au décès de sa petite sœur, Peter Wolf prend la décision de remettre les pieds dans sa ville natale. Parti depuis près de quinze ans, il veut comprendre les démarches qui ont conduites Alicia à la morgue. Par conséquent, Peter prendra conscience que c’est un périlleux narcotique, la Flakka, qui a causée cet événement tragique. Sans compter qu’il fera également connaissance avec Juliette, la meilleure amie d’Alicia. De nature libertine, qui sait ce qu’elle fera endurer à Peter ?! Semblable à un enquêteur, il décide de partir à la recherche de celui qui a conduit au meurtre de sa petite sœur.

En ce qui concerne la plume de l’auteur, elle est fluide et entraînante. Sombre comme le ciel durant la saison hivernale, je dois avouer que j’ai eu la chair de poule plus d’une fois. TRÈS GLAUQUE !

Sans oublier que l’histoire est addictive, tout ce qu’on désire, c’est savoir comment cela va terminer. Honnêtement, j’ai bien aimé lire cette version. On entre dans l’intrigue dès les premières pages, finalement, j’ai passé un excellent moment en compagnie de ces nombreux personnages.

Malgré cela, cette œuvre littéraire est une vraie énigme, plusieurs obstacles nous empêchent d’avoir la véritable conclusion.

Je conseille FORTEMENT aux personnes qui ont le cœur fragile (comme moi) de ne pas lire ce roman… Vous allez mourir de peur ! Mais, c’est à vos risques et périls. Certaines scènes m’ont parues… déplaisantes à lire, cependant, ça ne m’a pas gêné de continuer ma lecture.

Un dernier mot ?

Je remercie également l’auteur d’avoir créé une ombreuse histoire, j’ai apprécié entrer dans son univers littéraire.

#Sara

Chronique sur Les contes interdits : Peter Pan écrit par Simon Rousseau

Peter Pan

Note : 9.5/10

« Le temps qu’il comprenne cela, Pan s’était déplacé juste devant lui, prêt pour sa prochaine offensive. Profitant du fait que l’obèse était encore nu comme un ver, il agrippa les testicules encore tout moites du violeur avec ses deux mains et les écrasa entre ses paumes. Le pédophile hurla de plus belle, puis par réflexe frappa le jeune au menton. Celui-ci eut un mouvement de recul, mais l’adrénaline le protégeait de coups aussi banals. En guise de retour d’ascenseur, Pan lâcha les couilles du prédateur sexuel afin de viser son visage. On ne lui avait pas taillé les ongles depuis belle lurette, et il comptait bien en tirer profit. Il enfonça ses pouces dans les globes oculaires du pervers, qui lui lança d’inutiles crochets dans les côtes. Le garçon, avec le temps, s’était accoutumé à de bien pires sévices que des jointures contre ses os. Il introduisit ses pouces suffisamment profondément pour toucher les nerfs optiques, puis tir vers l’extérieur d’un coup sec. Les globes oculaires sautèrent de leurs orbites dans un bain de sang. »

Peter Pan

Résumé : « Une vague de drogués se jetant du haut d’immeubles, croyant pouvoir voler.

La disparition d’une jeune femme, Wendy Gauthier, et de ses deux frères délinquants, évadés de leur pénitencier pour mineurs.

Une île perdue dans la forêt boréale, habitée par une communauté déjantée et leur leader sans âge.

Une baronne du crime nymphomane et amoureuse des bijoux en forme de clochettes.

Un enquêteur médisant dépourvu de sa main droite, dévorée par un cannibale qui hante encore ses nuits. »

Mon Avis

Tout d’abord, je voudrais remercier les éditions Ada pour l’envoie du service presse.

Le conte de Peter Pan est une histoire que j’ai commencé à apprécier au cours de mon adolescence (c’est tard, n’est-ce pas ?!). En effet, juste le fait de voir les personnages voler grâce à la poussière de fée… cela me rendait folle de joie. Honnêtement, ce sentiment n’a pas changé, je suis toujours aussi fan de Peter Pan.

Avec Simon Rousseau, l’auteur de la nouvelle version du « garçon qui ne voulait jamais grandir », je découvre les véritables conceptions du protagoniste. Celles qui ne sont pas mentionnées dans le conte de Disney. Saviez-vous qu’à la base Peter Pan était un « méchant » ? Si vous voulez mon avis, je trouve que ce détail colle bien avec le récit mortuaire de Simon Rousseau.

Plus je lisais le roman et plus j’avais l’impression d’être littéralement en enfer. À certains moments, j’ai cru que j’allais vomir… c’était quand même assez intense à lire. Comme plusieurs le pensent, l’auteur a CARRÉMENT démoli l’image que nous avions de Peter Pan. D’après moi, ce n’est pas une mauvaise chose. Un peu de changement, ça ne tue personne (hahaha !!!).

Un petit résumé du roman, ça vous dit ?!

Jacques Dolan que l’on surnomme « Hook », à cause de sa main crochue, est un ancien enquêteur de police. Au cours de sa carrière d’agent, il en a vu de toutes les couleurs. Désormais à la retraite, c’est à ce moment qu’il reçoit un appel inquiétant d’une de ses anciennes copines… La mère du trio Gauthier. Par conséquent, Jacques n’a pas d’autre choix que de partir à la recherche de Wendy, Michel et Jean. Suite aux nombreux indices laissés sur leur parcours, l’ancien policier sait qu’il ne peut plus reculé. Afin de retrouver les trois enfants disparus, il devra partir dans ce lieu où les infectes barbaries se forgent…… on l’appelle Neverland.

Un conseil !

Si vous êtes des âmes sensibles, je vous conseille FORTEMENT de passer votre chemin, parce qu’honnêtement, vous ne ressortirez pas vivant de cette aventure.

Amateur(trice) de romans d’épouvante (comme moi), vous serez comblé par cette histoire. En outre, l’auteur aborde la torture, pédophilie, cannibalisme, violence envers tous êtres vivants… Enfin, vous voyez le genre ?!

J’ai ressenti de nombreux frissons au cours de ma lecture. La plume de l’auteur est fluide tout en étant ombrageuse. Les détails sont captivants à lire et l’intrigue est présente dès le début de l’histoire. J’ai passé un agréable moment en leur compagnie et je n’hésiterai pas à lire ses autres récits.

#Sara

Chronique sur Les contes interdits : Blanche-Neige de L.P. Sicard

Blanche-Neige

Note : 10/10

« Lorsque j’atteignis enfin le rez-de-chaussée, je me retrouvai dans un long corridor au bout duquel deux portes massives et métalliques indiquaient la sortie.

Un garde, droit devant, m’aperçut. N’ayant pas encore réalisé que j’étais armée, il allongea son bâton télescopique en s’approchant de moi. Ses yeux s’écarquillèrent d’effroi lorsqu’il aperçut les trainées sanguinolentes que laissaient mes chaussures derrière moi, ainsi que le pistolet qui s’éleva agressivement vers lui. Il fit un geste nerveux du bras afin de se munir de sa propre arme à feu, mais mon avance était irréductible. Sans qu’une seule hésitation ne ralentit mon passage à l’acte, j’enfonçai la gâchette. La détonation qui s’ensuivit déchira le silence avec tant de force que j’en restai longuement assourdie ; une traînée de flammes jaillit du canon qu’un fort recul fit s’élever dans les airs. Du sang éclaboussa le mur sur lequel le garde s’affaissa avant de s’écrouler de tout son long au sol. »

Émilie

Résumé : « Une femme coupable d’un crime dont elle n’a plus souvenir.

Une évasion vers une forêt où la noirceur ne vient jamais seule.

La découverte d’un manoir abandonné aux secrets bien cachés.

Des bougies qui s’éteignent, des ombres qui se lèvent, des objets qui se déplacent d’eux-mêmes.

Et des coups qui résonnent contre la porte, avant d’être défoncée… »

Mon Avis

Tout d’abord, je voudrais remercier les éditions Ada pour l’envoie du service presse !

À travers ce conte interdit, l’auteur nous présente sa perception mortuaire et violente du conte Blanche-Neige et les sept nains. Je ne peux pas m’empêcher de penser que je ne verrai plus jamais cette histoire de la même façon.

Je suis vraiment en manque de mots pour décrire ce que j’ai ressenti en lisant le récit. C’était juste…WOW ! À mes yeux, cette œuvre est la plus sombre de la série les contes interdits.

Ainsi, nous faisons la connaissance d’une jeune femme, Émilie. Des cheveux noirs comme l’ébène, des lèvres rouges comme le sang et la peau blanche identique à la neige… Ça ne vous rappelle pas quelqu’un ? Possédant une beauté renversante, elle a également le don de parler aux animaux. Enfermée dans un asile psychiatrique, Emilie n’a pas le moindre souvenir du crime qu’elle a commis. Encore pire, elle ne se souvient plus de qui elle était avant son arrivée dans cette institution. Entourée de médicaments, de la souffrance des patients et de la violence provoquée par les gardes et les docteur(e)s, Émilie trouve du réconfort et une certaine sécurité auprès de la seule personne qui ne la traite pas comme une criminelle, Thomas, son infirmier.

Dans la version horrifique de Blanche-Neige, vos pires cauchemars prendront vie. En effet, c’est un roman qui vous donne des frissons du début jusqu’à la fin. Je ne vous cache pas qu’il y a également des scènes qui vous donneront la nausée.

Malgré cela, j’ai vraiment adorée lire cette nouvelle version. Très poignante sur certains points. Honnêtement, quand j’ai terminé le roman, j’ai cru que j’allais devenir folle. Plusieurs sujets me répugnaient tels que le meurtre et viol et pourtant cela m’a pas empêché de continuer ma lecture.

Dès les premières lignes, j’ai été captivée par l’histoire ainsi que par le personnage d’Émilie.

L.P Sicard conclut son roman sur une fin ouverte qui nous pousse à réfléchir sur Émilie. Peut-être sur sa véritable identité ?

Finalement, le style d’écriture est fluide et addictif. Sans compter que l’intrigue pointe le bout de son nez dès le début du roman. J’ai passé un excellent moment en compagnie de tous ces personnages. Je me suis également donner une monstrueuse frayeur que je n’oublierai pas de sitôt.

#Sara

Chronique sur Les Contes Interdits : Hansel et Gretel écrit par Yvan Godbout

Hansel et Gretel

Note : 9/10

« D’un geste désespéré, il s’agrippe au col romain du prêtre, qu’il parvient à arracher. Ses doigts s’accrochent à la chemise noire. Le col romain voltige, des boutons s’arrachent. L’éclat d’un bijou, jusque-là camoufle, brille dans les ténèbres environnantes. Les yeux de Jeannot s’agrandissent d’effroi. Son corps tout entier s’immobilise, s’abandonne. Il se rappelle les histoires de son arrière-grand-mère Anna. Il a vu des films d’épouvantes, en cachette de sa mère. Il connait ce signe qui éloignera Dieu, même dans sa propre maison. Mais il se souvient surtout du message de la petite fille aux allumettes. « Le pire est à venir, les enfants. Soyez forts, très forts, et ne vous séparez jamais. Jamais. Même si le diable lui-même tente de le provoquer par tous les moyens. »

Ce diable, il le sait maintenant, les a trouvés.

Car là, au bout de la chaîne du prêtre dont le rire démentiel emplit l’air et l’espace, il y a une croix. Une croix en argent incrustée de diamants aussi sombres que l’homme qui la porte, et aussi noirs que celui qu’elle représente. Une croix inusitée. Une croix inversée.

La croix du diable. »

Résumé : « Une mère désespérée surprenant l’innommable dans le quatre pièces et demie miteux qu’elle partage avec son salaud et leur couple de jumeaux.

Un frère et une sœur télépathes ayant sauvagement perdu leur innocence, avidement convoités par les serviteurs de Satan.

Une adolescente rebelle à l’enfance éclatée servant de guide dans une métropole abritant anges et démons.

Un prêtre et une sorcière cherchant à accomplir la plus ancienne des prophéties du Necronomicon.

Deux enfants comprenant que, si Dieu est une pure invention humaine permettant de vivre d’espoir, le diable lui, existe bel et bien. »

Mon Avis

Quand j’ai su que quatre auteurs québécois allaient réitérer quelques contes pour les transformer en une version plus macabre, je me suis dit, allez pourquoi pas ?! Je suis une fille qui adore les films d’épouvante, sans compter que je n’ai pas peur de la noirceur qu’engendrent ces histoires. Au contraire, je trouve ça plutôt stimulant, cela me permet de les voir d’un nouvel œil.

Je vous avoue, qu’aujourd’hui, il n’y a pas beaucoup d’écrivains et écrivaines qui se laissent tenter par ce genre littéraire. Alors, imaginez ma joie, quand j’ai reçu les quatre romans.

Petite, Hansel et Gretel n’était pas un conte que je lisais beaucoup. Je connaissais déjà les bases de ce récit, je croyais avoir tout vu et pourtant… D’une certaine façon, c’est pour ça que j’ai pris la décision de lire Hansel et Gretel.

À travers son écriture, Yvan Godbout réussi à nous donner la chair de poule du début jusqu’à la fin. L’histoire est absolument bien détaillée. Sans compter que les personnages ne sont carrément pas épargnés par la vie.

Jeannot et Margot vivent avec leur mère et leur beau-père dans un logement pitoyable à quatre pièces. Alice, la mère des enfants, œuvrent dur afin de subvenir aux besoins de ses petits. Par conséquent, il lui arrive de rentrer très tard le soir. Cependant, alors qu’elle revenait du travail, Alice découvre un événement sinistre. C’est à partir de ce moment que la vie de Jeannot et Margot sera bouleversée.  Les enfants sont désespérément à la recherche de leur mère qui a disparu de la circulation. En cours de route, ils feront la connaissance de Cassandre, une adolescente rebelle qui n’a pas été épargné par le destin. Sans compter, qu’ils se feront violentés, surtout Margot,  par un groupe sataniste. Cette collectivité n’a qu’un objectif : ressusciter leur Dieu. Un enfer que les deux enfants devront affronter afin de rester en vie.

La plume de l’auteur est assez fluide. Je n’ai pas du tout été déçu. De plus, j’ai vraiment aimé l’ambiance qui régnait dans ce roman. Très ténébreux. L’intrigue est présente dès les premières lignes. Tout en lisant, j’avais l’impression d’être au cinéma en train de voir ce que je lisais, c’était vraiment génial. Honnêtement, quand j’ai lu que le sataniste ferait partie des sujets abordés… Je ne vous cache pas que ça me faisait un peu peur ! De nombreux autres thèmes entrent en ligne de compte entre autre l’inceste, la pédophilie, le viol, les sacrifices humains et le meurtre. Des idées qui me feront des cauchemars jusqu’à la fin de mes jours.

Je remercie les éditions Ada pour ce service presse !

#Sara