Chronique sur La reine des neiges de Simon Rousseau

La reine des neiges

Note : 9,5/10

« Il abandonna le pin déchu et se dirigea vers le campement, quelques centaines de mètres plus loin. Sans savoir pourquoi, il marcha d’un pas plus rapide que d’ordinaire. Il ne se sentait pas bien. Une indicible angoisse s’emparait de son esprit, comme s’il venait de commettre une grave erreur.

C’était quoi, cette odeur ?

Quand il regagna finalement le camp, il confirma à Marcel qu’il avait accompli son devoir, puis s’enferma dans un mutisme absolu. René s’empiffra néanmoins comme jamais, dévorant plus du double de la portion qui le satisfaisait normalement.

La nuit s’avéra plus glaciale que ce qu’avait annoncé la météo. René grelottait dans son lit depuis plus d’une heure, mais ce n’était pas la température qui le maintenait éveillé. Il ne cessait de repenser au grand pin, aux subtils phénomènes ayant suivi sa chute. Cette émanation singulière et fétide, est-ce qu’elle était vraiment liée à l’arbre ? Comment cela pouvait-il être possible ? Et ce froid ? Et cette faim subite ?

Pour une raison qui lui échappait, il regrettait d’avoir coupé ce pin. Il avait la vague impression d’avoir fait une erreur, d’avoir commis un sacrilège… Comme s’il avait coupé plus qu’un simple arbre.

Comme s’il avait libéré quelque chose de l’écorce du pin.

Quelque chose de mauvais. »

René

Résumé : « Fuyez. Elle arrive, elle est tout près. Elle n’épargnera personne. Les arbres tombent, la terre gèle, l’air est infect. Courez si vous ne voulez pas finir six pieds sous la neige. Une adaptation déroutante du fameux conte d’Andersen. Le meurtre immonde d’un prêtre dans un pensionnat autochtone, au début des années 1970. L’inconcevable suicide du grand-père d’une journaliste prête à tout pour faire éclater la vérité. Un chamane amérindien banni de sa communauté, reclus au cœur d’une forêt mystique. Une entité ancienne née du froid et de la famine, prête à rétablir son pouvoir sur son royaume de glace. Une effroyable légende, oubliée de tous. »

Mon Avis

Avant tout, je remercie chaleureusement Simon Rousseau pour la dédicace (elle m’a bien fait rire) ainsi que pour son histoire. Celle-ci m’a glacé le sang jusqu’à la fin.

« La reine des neiges » est le deuxième roman écrit par Simon Rousseau que je lis. Avant de commencer, je ne savais pas à quoi m’attendre… C’est la reine des neiges. Donc, forcément, ce qui nous vient à l’esprit, c’est la même chanson… Libérée, délivrée… Non ! Rire. Non. Simon s’est plutôt inspiré du conte original de Hans Christian Anderson afin de créer sa propre image de la reine des neiges. À mes yeux, je trouve que c’est une bonne idée, car cela ajoute du réalisme tout en étant captivant et imaginatif.

Je l’avoue, je me suis attaché à la calligraphie de l’auteur. D’autant plus qu’il m’a également donné l’envie de découvrir ses autres récits. Je me laisserai sûrement tenter. Loin de l’univers de « Peter Pan », l’écrivain nous entraîne dans un monde où la magie et les légendes règnent. En effet, les passages du texte sont un peu plus sombres et glauques que dans son premier conte interdit. J’ai adoré cette nouvelle version de la reine des glaces !

RESPECTUEUX DE L’ENVIRONNEMENT…

Simon Rousseau, par le biais de son style d’écriture, nous démontre sa belle considération envers la nature. Étant étudiante en biologie (j’adore l’écosystème qui m’entoure), je ne peux qu’être en admiration devant les mots qu’il a choisi afin de faire prendre conscience, aux lecteurs et lectrices, l’importance de la niche écologique.

Dans « La reine des neiges », on fait la connaissance d’Anna, une jeune femme qui étudie en journalisme afin de faire des reportages sur le terrain. Après avoir appris le décès suspect de son grand-père paternel, doit retourner en Abitibi, sa terre natale. Dès son arrivée, Anna y retrouve sa grand-mère ainsi que tous les souvenirs qu’elle avait lorsqu’elle habitait dans le Nord. Toutefois, peu à peu, les questionnements et des doutes commencent à germer dans sa tête. Pourquoi Émilie, son grand-père, a-t-il posé cet acte ? Quelles sont les circonstances de sa mort ? Est-ce réellement un suicide ou est-ce un individu quelconque qui a pris la décision de maquiller le meurtre en autodestruction ? Cependant, plus Anna reste en Abitibi et plus sa curiosité prend le dessus sur la raison.

Prise dans une enquête qui la dépasse, la jeune femme sera confrontée non seulement aux problèmes et aux hostilités qu’engendrent les cultures amérindiennes et les populations « blanches ». Anna arrivera-t-elle à découvrir la véritable raison qui a causé la perte de son grand-père ? Alors que la réalité et les légendes s’entrechoquent, un esprit malin semble prêt à tout pour assouvir sa soif sans fin en tuant toute personne qui se dressera sur son chemin. Parviendra-t-elle à vaincre Elsa, cette entité née du froid et de la famine ?

En ce qui concerne la plume de l’auteur, elle est fluide et addictive. Dès les premières pages, l’écrivain nous emporte dans une toute autre couleur que celle de « Peter Pan ». En effet, « la reine des neiges » est une histoire distincte et magique qui a su m’amener dans les bas-fonds de l’hiver québécois. Horrifique ? Simon Rousseau a de nouveau tenu pari avec ce frisson polaire. Nous sommes tellement loin de l’aventure féerique tenu par Disney. Rire.

À travers « La reine des neiges », l’auteur parvient à dénoncer quelques préjudices environnementaux et les nombreuses situations moraux faites par l’Homme. Autodestructrice, la nature humaine ne cesse de privilégier les plus forts, au détriment des autres. En outres, en alternant du passé au présent, nous comprenons comment certains événements se sont déroulés. Au fil des feuilles, le bouquin parvient à nous tenir en haleine jusqu’à la fin. Une trame bien construite et charnue qui ne possède aucun filtre. Tout comme un squelette humain, chaque description, action ou parole est à sa place. Une terrifiante merveille !

Un dernier mot ?

Finalement, « La reine des neiges » est une œuvre littéraire qui a su me conquérir, malgré mon cœur tendre. Une partie de moi est admirative de tout ce qui touche à l’horreur, donc il était impératif que je bouquine l’alter-ego du conte réalisé par Disney. Une intrigue échafaudée avec brio, des frissons et une calligraphie unique… Un excellent cocktail. Il va de soi que je vous conseille cette lecture, j’espère qu’elle vous plaira autant qu’elle m’a plu. Pour ma part, je compte bien me plonger dans les autres écrits de Simon afin de connaître ces différents univers littéraires.

#Sara

Publicités

Chronique sur Les contes interdits : les 3 p’tits cochons de Christian Boivin

Les 3 p'tits cochons

Note : 9/10

« – Mes condoléances Alicia.

« Qu’ils aillent tous chier, avec leurs maudites condoléances », pensa rageusement Alicia alors que les rares personnes présentes quittaient le cimetière. Cependant, elle ne démontra aucun signe d’animosité, à l’image de la fille sage et respectueuse qu’elle était, et offrit un sourire las en guise de remerciement à celui qui avait été le patron de sa mère.

Pourtant, elle aurait pu projeter sa rage au visage de l’homme ventru en toute légitimité, puisqu’il était en grande partie responsable de son décès. En effet, le propriétaire du bar Le loup hurleur avait insisté pendant de nombreuses années afin que la mère d’Alicia subisse une intervention d’augmentation mammaire. « Ce serait bon pour les affaires, qu’il n’arrêtait pas de lui répéter, ce serait bon pour tes pourboires. » Devant son refus obstiné, il avait même proposé de lui prêter une partie du montant nécessaire, à un tau d’intérêt amical, bien entendu. Puis, au fil du temps, après des années de harcèlement quasi continu, elle avait fini par abdiquer. Son patron avait raison, avait-elle fini par se convaincre, elle n’était plus aussi « fraîche » qu’auparavant, elle n’était plus de taille à compétitionner contre les jeunes poules aux seins fermes et à la taille fine qu’il venait d’engager. Toutefois, le problème demeurait le même : n’ayant que peu de moyens depuis son divorce, elle ne savait pas comment elle allait s’offrir une poitrine digne des attentes de son patron.

Désespérée, elle avait cru que celui-ci allait la congédier incessamment, jusqu’à ce qu’elle entende parler d’un concours à une radio-poubelle de Québec dont le prix était justement une augmentation mammaire. N’ayant rien à perdre, elle avait décidé de s’inscrire et elle avait gagné le concours, contre toutes attentes. Cependant, si elle avait su ce qui l’attendait, elle aurait probablement préféré le congédiement à un plus gros pare-chocs, puisqu’elle avait fait un arrêt cardiaque pendant la procédure chirurgicale. Comble de malheur, toutes les compagnies d’assurance impliquées dans le dossier avaient refusé d’indemniser Alicia puisque le concours avait été jugé illégal. »

Résumé : «Trois individus qui trempent dans le voyeurisme, la pornographie, le cannibalisme et la nécrophilie.

Une étudiante universitaire menant une vie bien rangée qui se retrouve à la morgue après avoir consommé du Flakka.

Un tueur à gages qui revient dans sa ville natale afin de mettre sa sœur en terre et qui découvre de troublantes vérités à son sujet.

Une rousse excentrique à la libido débridée et dénuée de tout sens moral, capable de pervertir les âmes les plus pures. »

Mon Avis

Je remercie les Éditions Ada pour l’envoie de ce service presse. Enfant, j’aimais bien lire à chaque année l’histoire des trois petits cochons. Cependant, à travers les mots de l’auteur, ce classique s’est véritablement transformé en film d’horreur… ce qui n’a pas plu à mon petit cœur d’artichaut.

Malgré cela, j’ai adoré lire cette nouvelle version. Il ne me manquait plus qu’un sac de popcorn. Sans compter qu’on y retrouve également des thèmes assez lugubres tels que le voyeurisme, la nécrophilie, le cannibalisme et la pornographie. Des idées enveloppantes, mais qui nous donnent envie de régurgiter.

Suite au décès de sa petite sœur, Peter Wolf prend la décision de remettre les pieds dans sa ville natale. Parti depuis près de quinze ans, il veut comprendre les démarches qui ont conduites Alicia à la morgue. Par conséquent, Peter prendra conscience que c’est un périlleux narcotique, la Flakka, qui a causée cet événement tragique. Sans compter qu’il fera également connaissance avec Juliette, la meilleure amie d’Alicia. De nature libertine, qui sait ce qu’elle fera endurer à Peter ?! Semblable à un enquêteur, il décide de partir à la recherche de celui qui a conduit au meurtre de sa petite sœur.

En ce qui concerne la plume de l’auteur, elle est fluide et entraînante. Sombre comme le ciel durant la saison hivernale, je dois avouer que j’ai eu la chair de poule plus d’une fois. TRÈS GLAUQUE !

Sans oublier que l’histoire est addictive, tout ce qu’on désire, c’est savoir comment cela va terminer. Honnêtement, j’ai bien aimé lire cette version. On entre dans l’intrigue dès les premières pages, finalement, j’ai passé un excellent moment en compagnie de ces nombreux personnages.

Malgré cela, cette œuvre littéraire est une vraie énigme, plusieurs obstacles nous empêchent d’avoir la véritable conclusion.

Je conseille FORTEMENT aux personnes qui ont le cœur fragile (comme moi) de ne pas lire ce roman… Vous allez mourir de peur ! Mais, c’est à vos risques et périls. Certaines scènes m’ont parues… déplaisantes à lire, cependant, ça ne m’a pas gêné de continuer ma lecture.

Un dernier mot ?

Je remercie également l’auteur d’avoir créé une ombreuse histoire, j’ai apprécié entrer dans son univers littéraire.

#Sara

Chronique sur Les contes interdits : Peter Pan écrit par Simon Rousseau

Peter Pan

Note : 9.5/10

« Le temps qu’il comprenne cela, Pan s’était déplacé juste devant lui, prêt pour sa prochaine offensive. Profitant du fait que l’obèse était encore nu comme un ver, il agrippa les testicules encore tout moites du violeur avec ses deux mains et les écrasa entre ses paumes. Le pédophile hurla de plus belle, puis par réflexe frappa le jeune au menton. Celui-ci eut un mouvement de recul, mais l’adrénaline le protégeait de coups aussi banals. En guise de retour d’ascenseur, Pan lâcha les couilles du prédateur sexuel afin de viser son visage. On ne lui avait pas taillé les ongles depuis belle lurette, et il comptait bien en tirer profit. Il enfonça ses pouces dans les globes oculaires du pervers, qui lui lança d’inutiles crochets dans les côtes. Le garçon, avec le temps, s’était accoutumé à de bien pires sévices que des jointures contre ses os. Il introduisit ses pouces suffisamment profondément pour toucher les nerfs optiques, puis tir vers l’extérieur d’un coup sec. Les globes oculaires sautèrent de leurs orbites dans un bain de sang. »

Peter Pan

Résumé : « Une vague de drogués se jetant du haut d’immeubles, croyant pouvoir voler.

La disparition d’une jeune femme, Wendy Gauthier, et de ses deux frères délinquants, évadés de leur pénitencier pour mineurs.

Une île perdue dans la forêt boréale, habitée par une communauté déjantée et leur leader sans âge.

Une baronne du crime nymphomane et amoureuse des bijoux en forme de clochettes.

Un enquêteur médisant dépourvu de sa main droite, dévorée par un cannibale qui hante encore ses nuits. »

Mon Avis

Tout d’abord, je voudrais remercier les éditions Ada pour l’envoie du service presse.

Le conte de Peter Pan est une histoire que j’ai commencé à apprécier au cours de mon adolescence (c’est tard, n’est-ce pas ?!). En effet, juste le fait de voir les personnages voler grâce à la poussière de fée… cela me rendait folle de joie. Honnêtement, ce sentiment n’a pas changé, je suis toujours aussi fan de Peter Pan.

Avec Simon Rousseau, l’auteur de la nouvelle version du « garçon qui ne voulait jamais grandir », je découvre les véritables conceptions du protagoniste. Celles qui ne sont pas mentionnées dans le conte de Disney. Saviez-vous qu’à la base Peter Pan était un « méchant » ? Si vous voulez mon avis, je trouve que ce détail colle bien avec le récit mortuaire de Simon Rousseau.

Plus je lisais le roman et plus j’avais l’impression d’être littéralement en enfer. À certains moments, j’ai cru que j’allais vomir… c’était quand même assez intense à lire. Comme plusieurs le pensent, l’auteur a CARRÉMENT démoli l’image que nous avions de Peter Pan. D’après moi, ce n’est pas une mauvaise chose. Un peu de changement, ça ne tue personne (hahaha !!!).

Un petit résumé du roman, ça vous dit ?!

Jacques Dolan que l’on surnomme « Hook », à cause de sa main crochue, est un ancien enquêteur de police. Au cours de sa carrière d’agent, il en a vu de toutes les couleurs. Désormais à la retraite, c’est à ce moment qu’il reçoit un appel inquiétant d’une de ses anciennes copines… La mère du trio Gauthier. Par conséquent, Jacques n’a pas d’autre choix que de partir à la recherche de Wendy, Michel et Jean. Suite aux nombreux indices laissés sur leur parcours, l’ancien policier sait qu’il ne peut plus reculé. Afin de retrouver les trois enfants disparus, il devra partir dans ce lieu où les infectes barbaries se forgent…… on l’appelle Neverland.

Un conseil !

Si vous êtes des âmes sensibles, je vous conseille FORTEMENT de passer votre chemin, parce qu’honnêtement, vous ne ressortirez pas vivant de cette aventure.

Amateur(trice) de romans d’épouvante (comme moi), vous serez comblé par cette histoire. En outre, l’auteur aborde la torture, pédophilie, cannibalisme, violence envers tous êtres vivants… Enfin, vous voyez le genre ?!

J’ai ressenti de nombreux frissons au cours de ma lecture. La plume de l’auteur est fluide tout en étant ombrageuse. Les détails sont captivants à lire et l’intrigue est présente dès le début de l’histoire. J’ai passé un agréable moment en leur compagnie et je n’hésiterai pas à lire ses autres récits.

#Sara

Chronique sur Les contes interdits : Blanche-Neige de L.P. Sicard

Blanche-Neige

Note : 10/10

« Lorsque j’atteignis enfin le rez-de-chaussée, je me retrouvai dans un long corridor au bout duquel deux portes massives et métalliques indiquaient la sortie.

Un garde, droit devant, m’aperçut. N’ayant pas encore réalisé que j’étais armée, il allongea son bâton télescopique en s’approchant de moi. Ses yeux s’écarquillèrent d’effroi lorsqu’il aperçut les trainées sanguinolentes que laissaient mes chaussures derrière moi, ainsi que le pistolet qui s’éleva agressivement vers lui. Il fit un geste nerveux du bras afin de se munir de sa propre arme à feu, mais mon avance était irréductible. Sans qu’une seule hésitation ne ralentit mon passage à l’acte, j’enfonçai la gâchette. La détonation qui s’ensuivit déchira le silence avec tant de force que j’en restai longuement assourdie ; une traînée de flammes jaillit du canon qu’un fort recul fit s’élever dans les airs. Du sang éclaboussa le mur sur lequel le garde s’affaissa avant de s’écrouler de tout son long au sol. »

Émilie

Résumé : « Une femme coupable d’un crime dont elle n’a plus souvenir.

Une évasion vers une forêt où la noirceur ne vient jamais seule.

La découverte d’un manoir abandonné aux secrets bien cachés.

Des bougies qui s’éteignent, des ombres qui se lèvent, des objets qui se déplacent d’eux-mêmes.

Et des coups qui résonnent contre la porte, avant d’être défoncée… »

Mon Avis

Tout d’abord, je voudrais remercier les éditions Ada pour l’envoie du service presse !

À travers ce conte interdit, l’auteur nous présente sa perception mortuaire et violente du conte Blanche-Neige et les sept nains. Je ne peux pas m’empêcher de penser que je ne verrai plus jamais cette histoire de la même façon.

Je suis vraiment en manque de mots pour décrire ce que j’ai ressenti en lisant le récit. C’était juste…WOW ! À mes yeux, cette œuvre est la plus sombre de la série les contes interdits.

Ainsi, nous faisons la connaissance d’une jeune femme, Émilie. Des cheveux noirs comme l’ébène, des lèvres rouges comme le sang et la peau blanche identique à la neige… Ça ne vous rappelle pas quelqu’un ? Possédant une beauté renversante, elle a également le don de parler aux animaux. Enfermée dans un asile psychiatrique, Emilie n’a pas le moindre souvenir du crime qu’elle a commis. Encore pire, elle ne se souvient plus de qui elle était avant son arrivée dans cette institution. Entourée de médicaments, de la souffrance des patients et de la violence provoquée par les gardes et les docteur(e)s, Émilie trouve du réconfort et une certaine sécurité auprès de la seule personne qui ne la traite pas comme une criminelle, Thomas, son infirmier.

Dans la version horrifique de Blanche-Neige, vos pires cauchemars prendront vie. En effet, c’est un roman qui vous donne des frissons du début jusqu’à la fin. Je ne vous cache pas qu’il y a également des scènes qui vous donneront la nausée.

Malgré cela, j’ai vraiment adorée lire cette nouvelle version. Très poignante sur certains points. Honnêtement, quand j’ai terminé le roman, j’ai cru que j’allais devenir folle. Plusieurs sujets me répugnaient tels que le meurtre et viol et pourtant cela m’a pas empêché de continuer ma lecture.

Dès les premières lignes, j’ai été captivée par l’histoire ainsi que par le personnage d’Émilie.

L.P Sicard conclut son roman sur une fin ouverte qui nous pousse à réfléchir sur Émilie. Peut-être sur sa véritable identité ?

Finalement, le style d’écriture est fluide et addictif. Sans compter que l’intrigue pointe le bout de son nez dès le début du roman. J’ai passé un excellent moment en compagnie de tous ces personnages. Je me suis également donner une monstrueuse frayeur que je n’oublierai pas de sitôt.

#Sara

Chronique sur Les Contes Interdits : Hansel et Gretel écrit par Yvan Godbout

Hansel et Gretel

Note : 9/10

« D’un geste désespéré, il s’agrippe au col romain du prêtre, qu’il parvient à arracher. Ses doigts s’accrochent à la chemise noire. Le col romain voltige, des boutons s’arrachent. L’éclat d’un bijou, jusque-là camoufle, brille dans les ténèbres environnantes. Les yeux de Jeannot s’agrandissent d’effroi. Son corps tout entier s’immobilise, s’abandonne. Il se rappelle les histoires de son arrière-grand-mère Anna. Il a vu des films d’épouvantes, en cachette de sa mère. Il connait ce signe qui éloignera Dieu, même dans sa propre maison. Mais il se souvient surtout du message de la petite fille aux allumettes. « Le pire est à venir, les enfants. Soyez forts, très forts, et ne vous séparez jamais. Jamais. Même si le diable lui-même tente de le provoquer par tous les moyens. »

Ce diable, il le sait maintenant, les a trouvés.

Car là, au bout de la chaîne du prêtre dont le rire démentiel emplit l’air et l’espace, il y a une croix. Une croix en argent incrustée de diamants aussi sombres que l’homme qui la porte, et aussi noirs que celui qu’elle représente. Une croix inusitée. Une croix inversée.

La croix du diable. »

Résumé : « Une mère désespérée surprenant l’innommable dans le quatre pièces et demie miteux qu’elle partage avec son salaud et leur couple de jumeaux.

Un frère et une sœur télépathes ayant sauvagement perdu leur innocence, avidement convoités par les serviteurs de Satan.

Une adolescente rebelle à l’enfance éclatée servant de guide dans une métropole abritant anges et démons.

Un prêtre et une sorcière cherchant à accomplir la plus ancienne des prophéties du Necronomicon.

Deux enfants comprenant que, si Dieu est une pure invention humaine permettant de vivre d’espoir, le diable lui, existe bel et bien. »

Mon Avis

Quand j’ai su que quatre auteurs québécois allaient réitérer quelques contes pour les transformer en une version plus macabre, je me suis dit, allez pourquoi pas ?! Je suis une fille qui adore les films d’épouvante, sans compter que je n’ai pas peur de la noirceur qu’engendrent ces histoires. Au contraire, je trouve ça plutôt stimulant, cela me permet de les voir d’un nouvel œil.

Je vous avoue, qu’aujourd’hui, il n’y a pas beaucoup d’écrivains et écrivaines qui se laissent tenter par ce genre littéraire. Alors, imaginez ma joie, quand j’ai reçu les quatre romans.

Petite, Hansel et Gretel n’était pas un conte que je lisais beaucoup. Je connaissais déjà les bases de ce récit, je croyais avoir tout vu et pourtant… D’une certaine façon, c’est pour ça que j’ai pris la décision de lire Hansel et Gretel.

À travers son écriture, Yvan Godbout réussi à nous donner la chair de poule du début jusqu’à la fin. L’histoire est absolument bien détaillée. Sans compter que les personnages ne sont carrément pas épargnés par la vie.

Jeannot et Margot vivent avec leur mère et leur beau-père dans un logement pitoyable à quatre pièces. Alice, la mère des enfants, œuvrent dur afin de subvenir aux besoins de ses petits. Par conséquent, il lui arrive de rentrer très tard le soir. Cependant, alors qu’elle revenait du travail, Alice découvre un événement sinistre. C’est à partir de ce moment que la vie de Jeannot et Margot sera bouleversée.  Les enfants sont désespérément à la recherche de leur mère qui a disparu de la circulation. En cours de route, ils feront la connaissance de Cassandre, une adolescente rebelle qui n’a pas été épargné par le destin. Sans compter, qu’ils se feront violentés, surtout Margot,  par un groupe sataniste. Cette collectivité n’a qu’un objectif : ressusciter leur Dieu. Un enfer que les deux enfants devront affronter afin de rester en vie.

La plume de l’auteur est assez fluide. Je n’ai pas du tout été déçu. De plus, j’ai vraiment aimé l’ambiance qui régnait dans ce roman. Très ténébreux. L’intrigue est présente dès les premières lignes. Tout en lisant, j’avais l’impression d’être au cinéma en train de voir ce que je lisais, c’était vraiment génial. Honnêtement, quand j’ai lu que le sataniste ferait partie des sujets abordés… Je ne vous cache pas que ça me faisait un peu peur ! De nombreux autres thèmes entrent en ligne de compte entre autre l’inceste, la pédophilie, le viol, les sacrifices humains et le meurtre. Des idées qui me feront des cauchemars jusqu’à la fin de mes jours.

Je remercie les éditions Ada pour ce service presse !

#Sara