Chronique sur Comme un coup de poignard écrit par Ariane Charland

Comme un coup de poignard

Note : 10/10

« -Tu veux t’en aller?

-Je ne veux jamais m’en aller.

Je m’approche de lui. Je lui prends les mains.

-Reste. »

Jeanne & Luka

 Résumé : « La première fois.

Certains disent que c’est magique. D’autres que ça fait mal, mais que ça passe.

Pour moi, ça n’a pas été magique, et ça n’a pas passé. La douleur, je veux dire. C’est resté. Même que c’est pire.

Je suis défectueuse.

C’est pour cette raison que je me ferme aux gens, que je détourne les yeux chaque fois qu’un garçon m’intéresse. Je ne veux pas courir le risque de plaire. Je ne veux pas être obligée d’avouer que le sexe, dans mon cas, est une torture. Alors je feins l’indifférence et me convaincs que tout va bien.

Mais ça, c’était avant de rencontrer Luka. Avec lui, c’est différent. Ma carapace se fendille et mes mécanismes de défense s’enrayent.

Maintenant plus que jamais, j’ai envie d’être comme tout le monde.

Les douleurs sexuelles touchent environ 20 % des adolescentes et de 12 à 21 % des femmes adultes. Pourtant, c’est un sujet très peu abordé dans les médias et, pour plusieurs, il demeure honteux. Alors que le sexe, lui, est omniprésent à la télévision, dans les magazines et sur Internet, ce type de douleur entraîne trop souvent un sentiment de détresse et de culpabilité chez celles qui en souffrent. »

 Mon Avis

Pour commencer, « Comme un coup de poignard » est un achat que je suis contente d’avoir fait.

La première fois que j’ai découvert la calligraphie de l’auteure, c’était par le biais de « Psychose », un autre roman de la collection Tabou qui est sorti cette année. Étant familière avec cette matière, je savais dans quoi je m’embarquais. Mais en lisant ce roman, j’ai pu en savoir un peu plus sur les douleurs sexuelles chez les femmes et les adolescentes. J’ai bien aimé ce livre.

UN SUJET SI PEU ABORDÉ…

Ainsi, à travers « Comme un coup de poignard », Ariane Charland illustre un thème que peu de personnes osent parler. Considéré comme un tabou pour certaines personnes, les douleurs sexuelles sont à peine développées dans les médias. Pourquoi ? Simplement, parce qu’elles sont considérées comme étant honteuses. J’ose à peine croire comment une poignée d’individus puisse bien penser comme cela. C’est inacceptable si vous voulez mon point de vue.

En effet, l’écrivaine nous apporte des détails sur les causes de souffrance tout en détaillant les différents types de douleurs sexuelles qui peuvent arriver aux personnes de sexe féminin. Cependant, je suis contente qu’Ariane ait fait ressortir cette thématique, celle-ci est à peine approfondis dans les médias et les magazines. Personne ne devrait avoir à se cacher et avoir honte de ce qu’il éprouve.

DES PROTAGONISTES ADORABLES TOUT EN ÉTANT PRÉOCCUPANTS…

Je ne vous cacherai pas que j’ai paniqué à plusieurs reprises. Luka et Jeanne me rendait folle, on aurait dit un jeu de chat et la souris. L’une qui voudrait être comme toutes les filles de son âge, mais qui dissimule une grande timidité et un grand secret. Et de l’autre, un garçon rempli d’humour qui accumule les coups d’un soir. Deux tempéraments opposés. Une attirance physique. Un amour qui va au-delà des limites, plus fort que le sexe.

Dans « Comme un coup de poignard », on fait la connaissance de Jeanne, une jeune adulte de dix-huit ans qui possède une vie parfaite. De bonnes notes, une famille acceptable et une meilleure amie dont la personnalité est similaire à une drama queen. Pourtant, derrière sa timidité se cache une arrière-pensée qu’elle n’a révélé à personne jusqu’à présent. Depuis qu’elle a vécu sa première fois avec Renaud, son ex-amoureux, Jeanne a des douleurs sexuelles. Ainsi, depuis ce moment, elle refuse catégoriquement de se laisser approcher et toucher par un garçon… Jusqu’à lui. Luka. Son regard. Ses yeux sur elle.

Alors, quand Soledad, la meilleure amie de Jeanne, prend la décision de faire un pari avec cette dernière afin que celle-ci décide de faire tomber ses barrières. La jeune femme réussira-t-elle son marché ? Et si au final, cette simple poignée se transformait en une belle conquête ? Lui, dont les coups d’un soir et les relations basées sur le sexe lui ont toujours suffi, va, grâce à Jeanne, commencer à entrevoir une vision où lui et la jeune femme sont ensemble. Comment savoir que ce simple regard contact allait brusquement changer leur quotidien ?

En ce qui concerne le style d’écriture de l’auteure, il est fluide et totalement addictif. À peine que je l’avais débuté que le roman était déjà terminé. Dès les premières pages, on entre directement dans le vif du sujet. De plus, par le biais de ses mots, Ariane Charland nous remet en question sur quelques aspects importants. On se demande, on réfléchit… Pour ainsi recevoir les réponses vers la fin du livre. Une réflexion de soi de temps en temps ne nous fait pas de mal, n’est-ce pas ?! Rire.

LES DEUX CÔTÉS D’UNE PIÈCE…

« Comme un coup de poignard » se caractérise par sa narration à deux voix. Au fil des chapitres, on découvre les points de vue de Jeanne et Luka. D’autant plus que l’on apprend plus sur leur personnalité et leurs doutes par rapport à la vie et à leur relation. Leur amour sera-t-il assez fort pour surmonter le besoin de se sentir plus proche ?

C’est définitivement une histoire où deux jeunes adultes totalement différents l’un de l’autre vont se percuter brusquement pour finalement ne plus se quitter.

Un dernier mot ?

En somme, « Comme un coup de poignard » est une œuvre littéraire qui nous montre ce que les douleurs sexuelles peuvent provoquer dans la vie d’une jeune femme. Un bon livre qui m’a permis de comprendre plus en détail ce sujet tabou, qui aux yeux de plusieurs personnes semblent être un thème inexistant. N’hésitez pas à vous laisser tenter par la plume d’écriture d’Ariane Charland. Moi, je l’ai fait deux fois. Rire. Laissez-vous charmer par Jeanne et Luka. Il va sans dire que je vous conseille fortement « Comme un coup de poignard », j’espère qu’il vous plaira autant qu’il m’a plu.

#Sara

Chronique sur Le choix d’une vie écrit par Samuel Champagne

Le choix d'une vie

Note : 12/10

« – Il est pas mal plus grand qu’une lime, en tout cas, répond Sebby si peu fort que je crois que je suis la seule à l’entendre.

Ça me fait sourire et je me dis que, peu importe la pression que me mettent les autres pour que je lui trouve un nom immédiatement, je dois y aller lentement et bien choisir.

– Tu veux le prendre ?

Le frère de mon amie hoche la tête et mon bébé se retrouve entre ses gros bras. Il est tellement minuscule et Sebby, tellement large ! Il a l’air d’avoir été fait pour se lover au creux de son bras. »

Jordane & Sebastien

Résumé : « Je n’ai jamais réellement pensé à l’avenir. Faire des plans compliqués et se casser la tête, je laissais ça aux vieux, aux gens ennuyants comme ma sœur. J’avais quinze ans et, à cet âge, on s’amuse ! Ma vie était simple : mon chum, mes amis, des partys, le collège privé. Maintenant… j’ai encore quinze ans, mais tout a basculé. Parce que j’ai fait un test de grossesse et que deux lignes sont apparues. Moi, maman ? Je ne sais même pas comment m’occuper de moi-même, comment je pourrais prendre soin d’un autre humain ?

Et pourtant… j’ai décidé d’essayer. D’essayer d’être une adulte, alors que tout le monde me disait que je n’y arriverais pas. La naissance approche et j’ai peur. J’ai tout perdu, j’ai dû quitter le collège, je n’ai plus d’amis. Seulement il y a cette émotion… cette force qui me pousse à croire que ce bébé va changer ma vie en mieux. Mais, sans Marisol, rencontrée dans mon école pour jeunes mères, et sans son frère Sebastian, je doute de pouvoir m’en sortir.

*** La maternité à l’adolescence entraîne son lot de questionnements et de doutes chez la jeune mère, surtout en raison de la pression exercée par son entourage. Il faut beaucoup de courage pour se lancer dans une telle aventure, et le soutien des proches et des intervenants est essentiel pour le bien-être de la nouvelle famille. »

Mon Avis

Pour commencer, je remercie Communications Julie Lamoureux et les Éditions de Mortagne pour l’envoi de ce service presse ainsi que de leur confiance en moi et en mon blogue.

Avant même de débuter ma lecture, je connaissais déjà Samuel Champagne de loin. Je n’avais jamais lu les écrits de l’auteur, jusqu’à aujourd’hui, mais je savais de quoi ceux-ci abordaient. Des sujets tabous que personne n’ose retranscrire. Et pourtant, c’est ce qui fait la beauté de la chose. Évidemment, je compte bien suivre de près les autres histoires de l’écrivain afin d’en apprendre un peu plus sur ces univers ainsi que les détails ou les événements qui les ont inspirés.

Ainsi, c’est en me plongeant la tête première que je me suis retrouvé  au cœur de « Le choix d’une vie », le nouveau récit de Samuel. Vous ne savez pas à quel point j’ai adoré ce roman, tellement que ça me donnait envie de dire et écrire plein de gros mots. Rire. Non, je rigole sur le reste de la phrase… Ou pas. Coup de foudre ! En toute franchise, j’aurai voulu avoir plus de pages, plus de Jordane et Valentin, plus de Sebastien et Jordane, plus de Marisol et Jordane… Plus, encore plus et toujours plus. J’aurai voulu que ce livre ne se termine jamais.

DES THÈMES RÉALISTES…

Dans la société, la maternité est encore un thème quelque peu sensible selon la perception. Samuel Champagne parvient à réécrire tous les changements que la grossesse amène, comme par exemple au niveau du comportement. En effet, on perçoit rapidement l’évolution psychologique de Jordane. Et ce n’était pas pour me déplaire. D’autant plus qu’il était aussi possible de remarquer le côté négatif de la situation tel que la pression familiale et les craintes de l’adolescente.

DES PROTAGONISTES ATTACHANTS…

Sans aucun doute, rien n’arrive jamais pour rien dans la vie. Cette épreuve a littéralement transformé la vie de Jordane. Courageuse, elle a su s’adapter à sa nouvelle situation afin de s’occuper de sa petite lime. Je ne vous dirai pas qu’elle n’a pas eu peur… L’adolescente avait sans cesse des doutes, mais au fur et à mesure, Jordane a commencé à espérer. À souhaiter une seconde chance. Un avenir meilleur. À ses yeux, Valentin est le plus beau des cadeaux.

Dans « Le choix d’une vie », on fait la connaissance de Jordane, une adolescente de quinze ans qui avait tout pour elle. Étudiante dans un collège privé, une famille, amis, des partys à profusion et un amoureux. Toutefois, lorsqu’elle prend conscience qu’elle n’est plus la même, elle commence à se questionner. N’arrêtant pas de dormir, de vomir et de manger, Jordane va se rendre compte que quelque chose cloche. Croyant que c’est probablement à cause du stress, c’est lors d’une minutieuse observation de son corps que l’adolescente va prendre la décision de faire un test de grossesse. Aussi rapide que l’éclair, deux barres foncées apparaissent. Elle est enceinte de Nick, son amoureux.

Alors quand elle annonce à sa famille et à ses amis qu’elle va avoir un bébé, personne ne la croit. Personne ne semble la soutenir, surtout pas son amoureux, sa famille et les deux filles qu’elle croyait être ses amies. Tout le monde lui tourne le dos sans aucune raison valable. Voulant le garder, Jordane n’aura pas d’autre choix que d’aller à une école spécialisée pour les jeunes mères. C’est en arrivant là-bas qu’elle fait la rencontre de Marisol et plus tard de son frère Sebastien. Tout au long de sa grossesse, ils deviendront ses paliers d’acier. Plus elle passe du temps avec eux et plus elle prend conscience que ce n’est pas tout le monde qui possède la sincérité comme qualité. Grâce à Marisol et Sebastien, elle ressent enfin le soutien qu’elle espérait depuis le début.

De plus, quand Jordane commence à ressentir des papillons dans l’estomac lorsqu’elle regarde Sebastien, l’adolescente comprend qu’il sera toujours présent pour elle. Que ce qu’elle perçoit pour lui est plus que de l’amitié. Laissera-t-elle encore un homme l’approcher suite à ce qu’il s’est passé avec son ex ?

En ce qui concerne la plume d’écriture de l’auteur, elle est coulante et addictive. À travers les mots, on ressent les doutes et questionnements de Jordane par rapport à son nouveau rôle de mère. Samuel Champagne a su m’emporter dans une violente et grande tornade remplie d’émotions. Ne pas verser des larmes face aux petites situations adorables ou touchantes était impossible. Valentin, le bébé de Jordane, a su me faire rire et à me faire lâcher des « awwn ».

Délicat et foudroyant, c’est un vrai contresens. Tout est un paradoxe, que ce soit sa peur de ne pas être une bonne mère à cause de son manque de préparation ou son amour naissant pour ce petit être humain qui grandit en elle. Néanmoins, je n’ai vu que du feu. Ces moments sont nombreux dans « Le choix d’une vie » et je ne vous cacherai pas que j’ai éprouvé des pincements au cœur. Samuel Champagne parvient, par le biais de ses phrases, à nous modeler à sa guise.

En outre, j’avais également l’impression que la situation de Jordane était partagée, comme si Samuel Champagne avait lui aussi vécu cette démarche. Nous avons la sensation de bouquiner un fait vécu. Une réalité qu’il lui-même connu. Qui sait ?!

Un dernier mot ?

Finalement, « Le choix d’une vie » est une œuvre littéraire qui a su me démontrer la beauté de la vie. Le fait que même si nous commettons des fautes, ce n’est pas grave. Le plus important, c’est de comprendre que le cours de cette existence nous montre que les erreurs nous marquent à jamais. Qu’elles transforment le mal en bien afin de nous permettre de devenir, à l’avenir, une personne meilleure. Une calligraphie fluide et agréable qui a su capter et garder mon attention durant tout le long de ma lecture. J’ai adoré chaque moment passé en compagnie de tous les personnages. Il va de sans dire que je vous conseille « Le choix d’une vie », j’espère qu’il vous plaira autant qu’il m’a plu. Pour ma part, je souhaite très vite retrouver l’univers imaginatif de Samuel Champagne.

#Sara

Chronique sur Psychose écrit par Ariane Charland

Psychose

Note : 10/10 

« Je suis devenu fou à dix-sept ans. Je l’étais peut-être déjà avant, mais c’est que ça s’est déclaré, que la psychose a pris le dessus, que la paranoïa m’a englouti et qu’Anaïs me l’a craché : 

T’as un fucking problème, Émile Beauchesne ! Va te faire soigner, parce que ça tourne pas rond dans ta tête ! 

Je pense que ce n’était pas vraiment une insulte. Elle voulait sincèrement que j’aille me faire soigner. 

Elle était tannée. Écœurée. À boutte. Je venais de lui crier après en pleine rue. Je l’avais accusée de me jouer dans le dos, alors que c’est moi qui n’arrêtais pas de lui mentir. Je ne pouvais pas lui avouer que je me faisais suivre, que des caméras épiaient mes mouvements et qu’on me chuchotait des choses à l’oreille. Des choses humiliantes, blessantes, qui ne se répètent pas. 

J’aurais l’écouter et aller demander de l’aide. Au fond de moi, je savais que ça n’allait pas, que je n’étais pas dans mon état normal, que quelque chose clochait dans mon cerveau. 

À la place, j’ai attendu qu’il soit trop tard. 

Je me suis battu contre ma folie et j’ai perdu. » 

Émile & Anais 

Résumé : « Je suis devenu fou à dix-sept ans. Je l’étais peut-être déjà avant, mais c’est que ça s’est déclaré, que la psychose a pris le dessus et que la paranoïa m’a englouti. 

La vie semblait pourtant me sourire. Je commençais le cégep, j’avais un bon emploi et je venais d’emménager avec mon meilleur ami, à deux pas des résidences ma blonde habitait. C’était le bonheur, la liberté totale ! 

Sauf que ça n’a pas duré. Le stress des études, le travail qui me prenait trop de temps, les nuits blanches, l’alcool, le potQuelque chose s’est rompu à l’intérieur de ma tête. Mon esprit s’est détraqué. Je me suis mis à voir des ombres, à entendre des voix, à m’imaginer qu’on me voulait du mal… 

J’aurais écouter mes amis et aller me faire soigner. À la place, j’ai attendu qu’il soit trop tard. Je me suis battu contre ma folie et j’ai perdu. 

La psychose est un trouble mental grave qui se manifeste par une perte de contact avec la réalité. Les personnes qui en sont atteintes éprouvent beaucoup de difficultés à distinguer ce qui est vrai de ce qui ne l’est pas. On estime que de 4 à 5 % des jeunes connaîtront un épisode psychotique. Heureusement, avec les bons traitements, la majorité d’entre eux s’en sortiront. » 

Mon Avis 

Avant tout, je remercie Christine de chez Communications Julie Lamoureux ainsi que les éditions de mortagne pour l’envoi du service presse et de leur confiance en moi.  

Je vais débuter ma chronique en vous disant ces mots… Rien n’est tout noir ou tout blanc dans la vie. Mais, ce que vous faites de votre existence peut faire pencher la balance vers un côté. Toutefois, il y aura toujours des zones grises, rien n’est total.  Alors, cesser de les rejeter, de penser et de dire tout ces préjugés sur les personnes atteintes de maladies mentales. Au lieu de garder ces vieilles habitudes, pourquoi ne tout simplement pas leur tendre la main ? Il arrive que seul un geste peut aider à garder espoir.  

« Psychose » est le deuxième roman de la collection Tabou que je lis et je ne vous cache pas que les réalités qui sont abordées dans ces histoires sont aussi fulgurantes et touchantes les unes que les autres. Sans compter que cette collection littéraire me rappelle les raisons de pourquoi j’adore la psychologie et la psychiatrie. Cette littérature parvient à émouvoir une grande partie de moi-même, il m’est donc impossible de la taire.  

UN PERSONNAGE POIGNANT ET TOURMENTÉ… 

Au cours de ma lecture, je n’ai pas arrêter de penser à Émile, toutes mes émotions se dirigeaient, sans hésiter, vers lui. Il était si… disons qu’à plusieurs reprises, j’ai eu peur pour sa vie, au point d’en verser des larmes. Il a su se frayer un chemin jusqu’à mon coeur.  Et moi, qui était spectatrice de tout cela, mon seul désir était de l’aider à retrouver la lumière. Impuissance est un mot qui décrit bien une de mes émotions face à ce qu’Émile endurait.  

Et je ne vous parle même pas des protagonistes secondaires, ils sont tout aussi désarmé que moi. À travers leur point de vue, nous découvrons l’évolution de la maladie dont Émile est atteinte.  Nous suivons leur crainte concernant leur ami. C’est si affligeant et complexe à la fois.  

Dans « Psychose », on fait la connaissance d’Émile, un garçon de dix-sept ans qui a tout ce qu’il aime dans la vie : une amoureuse attentionnée, un bon boulot qui lui permet de payer ses factures, un meilleur ami d’enfance avec qui il partage un loyer et de l’amour à l’infini. Accepté au cégep afin de faire des études en sciences de la nature, il ne peut pas rêver de mieux pour étudier dans ce qu’il aspire. Pourtant, lorsque la pression familiale et scolaire débute à peser sur ses épaules, Émile ressent une grande noirceur, sans aucune limite, l’envelopper et l’attirer vers les abysses de l’océan. Alors que sa folie ne cesse de croître, il commence à perdre peu à peu contact avec la réalité et la confiance de son entourage. Ainsi, plus la maladie se développe et plus les appels au secours d’Émile sont nombreux. Parviendra-t-il à se retrouver ? Ou sa folie aura-t-il raison de lui ? 

En ce qui concerne le style d’écriture de l’auteure, il est fluide et addictif. Ariane Charland a su m’emporter dans une bulle d’angoisse. N’ayant jamais lu la calligraphie de l’écrivaine, je me suis lancé dans l’inconnu. Néanmoins, je suis contente d’avoir tenté ma chance. « Psychose » est un bijou à ne pas louper et à dévorer sans aucune modération. À travers ses mots, Ariane est parvenu à démontrer comment la maladie mentale peut affecter de manière progressive la vie d’une personne. Je n’ai pas pu m’empêcher de verser des larmes, c’était si bouleversant. 

La narration à plusieurs voix m’a permise de découvrir la situation par le biais de différentes visions périphériques. On ressentait littéralement leur impuissance et toutes leur pensées vis-à-vis l’état d’esprit d’Émile. Ariane Charland a réussi à garder toute mon attention au cours de ma lecture. D’autant plus que, dès les premières pages, on entre directement dans le vif du sujet. Je ne vous le dissimulerai pas que c’était intense. 

Un dernier mot ? 

Finalement, « Psychose » est un récit qui m’a transpercé de plein fouet. Ressentir ce que les autres ont endurés était… Je n’ai pas de mot pour expliquer cela. Sans aucun doute, je ne crois pas que je pourrai oublier « Psychose » de sitôt. Cette oeuvre littéraire est ma première lecture signée par Ariane Charland, mais certainement pas la dernière. Il va sans dire que je vous le recommande, j’espère qu’il vous plaira autant qu’il m’a plu. Pour ma part, je compte bien suivre ses autres parutions afin de connaître ses univers livresques.  

#Sara

Chronique sur Corde Raide de Stéphanie Perron

Corde Raide

Note : 10/10 

 “ Je claque la porte de l’appartement aussi fort que je le peux et dévale les trois étages d’un pas d’éléphant. Le voisin d’en dessous me crie des bêtises sur le palier. Je l’envoie chier avant de sortir de l’immeuble. Il pleut.  

Encore !  

J’attrape mes clés et monte dans ma voiture. La musique dans le tapis, j’emprunte le boulevard Concorde sans faire mon arrêt. Je coupe un automobiliste. Il klaxonne. Je lui réponds par un doigt d’honneur. Mon cœur bat à toute allure. Après avoir brûlé deux feux rouges, je m’engage sur l’autoroute et appuie sur l’accélérateur.  

100 km/h.  

Je m’en fous si je ne vois rien et que l’eau rend la route glissante.  

110 km/h. 

Faut que je roule vite. Faut que je me libère de toute cette colère qui gronde en moi. 

120 km/h.  

Mes pensées défilent dans ma tête à toute vitesse. La tension monte. Je vois rouge. 

130 km/h.  

Faut que je me défoule ! 

140 km/h… 

Je hurle comme jamais je ne l’ai fait auparavant. De colère, de rage. Un cri horrible, sorti tout droit du plus profond de mon âme. Celui qui se terrait depuis des semaines. Je crie à en avoir mal à la gorge. Mon poing frappe furieusement le volant. Je suis une bête qui ne se contrôle plus. Une bête qui en a assez d’être en cage. J’ai besoin de me débarrasser de cette sensation d’emprisonnement.  

Un flash.  

Ce serait si simple d’en finir maintenant. Des images d’une collision violente me viennent à l’esprit. Je pourrais foncer dans un mur à deux cents kilomètres à l’heure. L’impact me tuerait sur le coup. Ça me libérerait de toute cette frustration qui bouillonne en moi. Il n’y aurait plus d’émotion. 

Plus de douleur. 

Plus de colère.  

Cette maudite colère ! J’en ai assez de la ressentir ! Elle ne me lâche plus depuis des jours ! Des mois ! J’en peux plus !  

J’EN PEUX PLUS !  

Les deux mains sur le volant et le cœur battant dans mes tempes, je m’apprête à emboutir le garde-fou. ” 

Fay 

 Résumé : “ Borderline. 

Pourquoi j’ai cette cochonnerie-là, moi? Pourquoi est-ce que je ne peux pas être comme tout le monde? Sans impulsivité, sans problèmes d’émotions, sans automutilation, sans changements d’humeur intenses et sans médication ? Jamais je ne pourrai être cent pour cent guérie. Le psychiatre me l’a dit. Je devrai dealer avec ça toute ma vie!  

Fay a seize ans quand son univers bascule. Forcée de déménager et de laisser ses meilleurs amis derrière, elle craint de ne pas s’en remettre. Puis, elle fait la connaissance de Catherine et s’aperçoit qu’habiter à Montréal est loin d’être l’enfer qu’elle s’était imaginé. 

Cependant, entre l’école, la maison et le travail, Fay doit lutter pour éviter que son stress lui nuise. Au fil des semaines, son anxiété se transforme en rage, puis en colère. Une colère de plus en plus envahissante. Une colère qu’elle tente de gérer comme elle le peut. 

Mais comment maîtriser le volcan qui sommeille en elle? 

Communément appelé le syndrome borderline, le trouble de personnalité limite touche de 1 à 3% de la population. Les gens qui en souffrent font face à des problèmes sur les plans tant émotionnel qu’interpersonnel, qui peuvent les conduire à des comportements autodestructeurs tels que des troubles alimentaires, la toxicomanie et même le suicide. ” 

Mon Avis 

Avant tout, je remercie Christine, chez Communications Julie Lamoureux, et les Éditions de Mortagne pour l’envoi ainsi que de leur confiance en moi.  

Ayant étudié en psychologie et en psychologie de la santé mentale, je sais et je crois en ces maladies et vous savez, celles-ci ne sont pas dangereuses. Ce sont les personnes qui rejettent cette idée qui le sont, parce qu’en faisant cela, elles abandonnent les individus qui ont vraiment besoin d’aide. Imaginez si tout le monde sur Terre n’apporterait pas leur aide ? Qu’arrivera-t-il, vous pensez ?  Quelques fois, vaut mieux ignorer notre raison, car celle-ci a la fâcheuse intention de révoquer en doute les maladies mentales.  

Et lorsque je vois ce que la société fait ou devrais-je dire CE QU’ELLE NE FAIT PAS, je n’ai qu’une envie, c’est de pleurer… Je ne vous cache pas que ça me met en colère. Ces êtres humains sont comme vous et moi. Parfois, il ne suffit que de tendre de la main pour sauver une vie… 

MAINTENANT, AU NIVEAU DE MA LECTURE…  

Que dire de ce roman qui m’a toute chamboulée de A à Z… Même après l’avoir terminé, j’écris cette chronique avec les larmes aux yeux. Étant ma première histoire provenant de la collection tabou, je suis fière et heureuse d’avoir eu la chance de lire “ Corde Raide ”, car honnêtement, c’est évidemment un bouquin à se mettre sous la dent.  

Concernant les personnages principaux, je me suis beaucoup attaché à Fay, c’est une héroïne qui m’a ému tout le long du livre. Au fil des pages, je me suis intéressé à elle et à son évolution émotionnelle. Comme une luciole flottant vers la lumière, elle m’a captivée et ensorcelée. En toute franchise, je me suis littéralement identifié à elle et à son témoignage. Elle m’a brisé le cœur.  

Dans “ Corde Raide ”, nous faisons la connaissance de Fay, une jeune fille de seize ans qui quitte sa ville natale, avec son frère jumeau et ses parents, pour aller vivre à Montréal. Au fil des jours, Fay parvient à trouver ses repères et à se frayer un chemin dans cette métropole dont la population et pollution ne cessent d’augmenter sans arrêt. Toutefois, lorsque ses émotions décident de lui jouer plusieurs tours, Fay perd totalement le contrôle d’elle-même et comprend qu’elle est désormais un danger pour sa personne… Puis, quand son trouble provoque la presque destruction du lien qu’elle entretient avec sa famille et ses amis, Fay prend la décision de chercher de l’aide auprès de certains individus spécialisés.  

Souffrant de tout son être, la jeune femme essaie par tous les moyens de changer, mais ce n’est pas facile lorsque son attitude change radicalement passant du tout ou rien, tel un boumerang. Aussi, face à l’inquiétude, Fay peut ressentir une multitude d’impressions allant au sentiment de vide à la colère. Ainsi, au cours de ma lecture, j’ai découvert la force intérieure de Fay. Durant son parcours, elle fait preuve de courage et de détermination afin de démontrer son désir de vivre. Ne pouvant plus laisser cette situation comme cela, Fay fonce chercher de l’aide, grâce au conseil de son amie, pour prévenir son trouble. Néanmoins, que lui arrivera-t-il lorsque son volcan interne décidera d’exploser ?  

UNE VIBRANTE CONFESSION À CONNAÎTRE…  

À travers son histoire, on lit les façons qu’utilisent Fay afin de se soulager, à court terme, de sa tristesse et de son irritabilité. “ Corde Raide ” est une histoire difficile qui stimule le sens de la clarté et de la prévenance par rapport au trouble de comportement limite. En ce qui concerne la plume d’écriture de l’auteure, elle est fluide et addictive. Dès les premières pages, on se plonge facilement au cœur des pensées de Fay. Stéphanie Perron possède un talent fou pour la rédaction. Je me suis laissé happé par la belle calligraphie de l’écrivaine.  

Je ne vous cache pas que je n’ai pas arrêter de verser des larmes, par le biais des mots de Fay, parce que je me suis rendu compte que les mots tels que souffrance, colère, rage, stress et anxiété ne sont pas simplement que du jargon… Ils sont BEAUCOUP PLUS QUE ÇA.  

Un dernier mot ?  

Une œuvre littéraire qui mérite tellement sa chance. Stéphanie aborde du trouble de comportement limite avec aucune censure. Sans aucune limite. Tout en utilisant une magnifique élégance, l’écrivaine nous amène sur un territoire dont le sujet risque fortement de nous toucher au plus profond de notre âme. Après ma lecture, j’étais toute retournée. L’histoire m’a abasourdie en me touchant en plein cœur telle une flèche lancée par Cupidon. Sans compter qu’elle nous fait également vivre une tornade d’émotions. Il va sans dire que je vous recommande chaudement “ Corde Raide ”, j’espère qu’il vous plaira autant qu’il m’a plu. Vous l’aurez compris, ce bouquin est, à mes yeux, un coup de cœur assuré. Sans aucun doute, je vais continuer à suivre de près les nouvelles parutions à venir de Stéphanie Perron.

#Sara