Chronique sur Psychose écrit par Ariane Charland

Psychose

Note : 10/10 

« Je suis devenu fou à dix-sept ans. Je l’étais peut-être déjà avant, mais c’est que ça s’est déclaré, que la psychose a pris le dessus, que la paranoïa m’a englouti et qu’Anaïs me l’a craché : 

T’as un fucking problème, Émile Beauchesne ! Va te faire soigner, parce que ça tourne pas rond dans ta tête ! 

Je pense que ce n’était pas vraiment une insulte. Elle voulait sincèrement que j’aille me faire soigner. 

Elle était tannée. Écœurée. À boutte. Je venais de lui crier après en pleine rue. Je l’avais accusée de me jouer dans le dos, alors que c’est moi qui n’arrêtais pas de lui mentir. Je ne pouvais pas lui avouer que je me faisais suivre, que des caméras épiaient mes mouvements et qu’on me chuchotait des choses à l’oreille. Des choses humiliantes, blessantes, qui ne se répètent pas. 

J’aurais l’écouter et aller demander de l’aide. Au fond de moi, je savais que ça n’allait pas, que je n’étais pas dans mon état normal, que quelque chose clochait dans mon cerveau. 

À la place, j’ai attendu qu’il soit trop tard. 

Je me suis battu contre ma folie et j’ai perdu. » 

Émile & Anais 

Résumé : « Je suis devenu fou à dix-sept ans. Je l’étais peut-être déjà avant, mais c’est que ça s’est déclaré, que la psychose a pris le dessus et que la paranoïa m’a englouti. 

La vie semblait pourtant me sourire. Je commençais le cégep, j’avais un bon emploi et je venais d’emménager avec mon meilleur ami, à deux pas des résidences ma blonde habitait. C’était le bonheur, la liberté totale ! 

Sauf que ça n’a pas duré. Le stress des études, le travail qui me prenait trop de temps, les nuits blanches, l’alcool, le potQuelque chose s’est rompu à l’intérieur de ma tête. Mon esprit s’est détraqué. Je me suis mis à voir des ombres, à entendre des voix, à m’imaginer qu’on me voulait du mal… 

J’aurais écouter mes amis et aller me faire soigner. À la place, j’ai attendu qu’il soit trop tard. Je me suis battu contre ma folie et j’ai perdu. 

La psychose est un trouble mental grave qui se manifeste par une perte de contact avec la réalité. Les personnes qui en sont atteintes éprouvent beaucoup de difficultés à distinguer ce qui est vrai de ce qui ne l’est pas. On estime que de 4 à 5 % des jeunes connaîtront un épisode psychotique. Heureusement, avec les bons traitements, la majorité d’entre eux s’en sortiront. » 

Mon Avis 

Avant tout, je remercie Christine de chez Communications Julie Lamoureux ainsi que les éditions de mortagne pour l’envoi du service presse et de leur confiance en moi.  

Je vais débuter ma chronique en vous disant ces mots… Rien n’est tout noir ou tout blanc dans la vie. Mais, ce que vous faites de votre existence peut faire pencher la balance vers un côté. Toutefois, il y aura toujours des zones grises, rien n’est total.  Alors, cesser de les rejeter, de penser et de dire tout ces préjugés sur les personnes atteintes de maladies mentales. Au lieu de garder ces vieilles habitudes, pourquoi ne tout simplement pas leur tendre la main ? Il arrive que seul un geste peut aider à garder espoir.  

« Psychose » est le deuxième roman de la collection Tabou que je lis et je ne vous cache pas que les réalités qui sont abordées dans ces histoires sont aussi fulgurantes et touchantes les unes que les autres. Sans compter que cette collection littéraire me rappelle les raisons de pourquoi j’adore la psychologie et la psychiatrie. Cette littérature parvient à émouvoir une grande partie de moi-même, il m’est donc impossible de la taire.  

UN PERSONNAGE POIGNANT ET TOURMENTÉ… 

Au cours de ma lecture, je n’ai pas arrêter de penser à Émile, toutes mes émotions se dirigeaient, sans hésiter, vers lui. Il était si… disons qu’à plusieurs reprises, j’ai eu peur pour sa vie, au point d’en verser des larmes. Il a su se frayer un chemin jusqu’à mon coeur.  Et moi, qui était spectatrice de tout cela, mon seul désir était de l’aider à retrouver la lumière. Impuissance est un mot qui décrit bien une de mes émotions face à ce qu’Émile endurait.  

Et je ne vous parle même pas des protagonistes secondaires, ils sont tout aussi désarmé que moi. À travers leur point de vue, nous découvrons l’évolution de la maladie dont Émile est atteinte.  Nous suivons leur crainte concernant leur ami. C’est si affligeant et complexe à la fois.  

Dans « Psychose », on fait la connaissance d’Émile, un garçon de dix-sept ans qui a tout ce qu’il aime dans la vie : une amoureuse attentionnée, un bon boulot qui lui permet de payer ses factures, un meilleur ami d’enfance avec qui il partage un loyer et de l’amour à l’infini. Accepté au cégep afin de faire des études en sciences de la nature, il ne peut pas rêver de mieux pour étudier dans ce qu’il aspire. Pourtant, lorsque la pression familiale et scolaire débute à peser sur ses épaules, Émile ressent une grande noirceur, sans aucune limite, l’envelopper et l’attirer vers les abysses de l’océan. Alors que sa folie ne cesse de croître, il commence à perdre peu à peu contact avec la réalité et la confiance de son entourage. Ainsi, plus la maladie se développe et plus les appels au secours d’Émile sont nombreux. Parviendra-t-il à se retrouver ? Ou sa folie aura-t-il raison de lui ? 

En ce qui concerne le style d’écriture de l’auteure, il est fluide et addictif. Ariane Charland a su m’emporter dans une bulle d’angoisse. N’ayant jamais lu la calligraphie de l’écrivaine, je me suis lancé dans l’inconnu. Néanmoins, je suis contente d’avoir tenté ma chance. « Psychose » est un bijou à ne pas louper et à dévorer sans aucune modération. À travers ses mots, Ariane est parvenu à démontrer comment la maladie mentale peut affecter de manière progressive la vie d’une personne. Je n’ai pas pu m’empêcher de verser des larmes, c’était si bouleversant. 

La narration à plusieurs voix m’a permise de découvrir la situation par le biais de différentes visions périphériques. On ressentait littéralement leur impuissance et toutes leur pensées vis-à-vis l’état d’esprit d’Émile. Ariane Charland a réussi à garder toute mon attention au cours de ma lecture. D’autant plus que, dès les premières pages, on entre directement dans le vif du sujet. Je ne vous le dissimulerai pas que c’était intense. 

Un dernier mot ? 

Finalement, « Psychose » est un récit qui m’a transpercé de plein fouet. Ressentir ce que les autres ont endurés était… Je n’ai pas de mot pour expliquer cela. Sans aucun doute, je ne crois pas que je pourrai oublier « Psychose » de sitôt. Cette oeuvre littéraire est ma première lecture signée par Ariane Charland, mais certainement pas la dernière. Il va sans dire que je vous le recommande, j’espère qu’il vous plaira autant qu’il m’a plu. Pour ma part, je compte bien suivre ses autres parutions afin de connaître ses univers livresques.  

#Sara

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