Entrevue de Sylvie G.

Les Interviews de Sara

1- Pourrais-tu nous parler un peu de toi ? De ton cheminement ?  

Réponse : Je ne fais pas partie des auteurs qui rêvent d’exercer ce métier depuis ma plus tendre enfance. Si on m’avait dit que j’écrirais un livre un jour, je ne l’aurais jamais cru. J’ai toujours eu une imagination fertile, alors je suppose que c’est logique que j’aie fini par coucher mes histoires sur papier. En effet, jusqu’à ce que je décide d’écrire, mes scénarios servaient surtout à calmer mon anxiété. Oui, je suis de ces personnes qui imaginent le pire à tout moment. Si je marche seule le soir près d’un boisé, c’est inévitable que je présume qu’un individu caché s’apprête à m’attaquer. Si je dois prendre un taxi dans un autre pays, je songe systématiquement que le conducteur est lié à un réseau de trafiquants d’humains. Au fil du temps, pour tranquilliser mon esprit, j’ai imaginé des fins plus heureuses. Ce genre de petit jeu fait partie de mon quotidien. Donc, des histoires, il y en a des tonnes dans ma tête et j’ai bien l’impression qu’il y en aura encore longtemps. Or, j’ai choisi de me servir de ce vilain défaut à mon avantage. Apparemment, ça s’appelle être auteur. 🙂 
 
2- Qu’est-ce qui t’a donné l’envie d’écrire ?  

Réponse : Cette passion est née du désir d’offrir des romans simples et accessibles aux gens qui se butait à des phrases compliquées. J’ai vu des jeunes se lasser de leurs livres parce qu’ils devaient sans cesse chercher les mots dans le dictionnaire et que l’exercice les décourageait. Je comprenais très bien que de s’arrêter plusieurs fois par page pour trouver la signification d’un terme pouvait briser le rythme et entraîner un désintéressement. Ainsi, j’ai eu envie de proposer à ces personnes la possibilité de lire sans se questionner à tout moment. J’ai donc écrit les histoires que vous connaissez. Si on me dit que mes romans sont faciles à lire, je me plais à penser que j’ai accompli la mission que je m’étais donnée. 
 
3- Quelle place la lecture occupe-t-elle ton temps libre ?  

Réponse : Je me plonge dans un livre lorsque je m’allonge dans la baignoire où le soir quand je me prépare à dormir. J’ai l’impression que ma journée n’est pas complète si je n’ai pas le temps de lire au moins quelques pages. Comme la lecture est synonyme de détente, les livres m’accompagnent en vacances. D’ailleurs, je suis en train de penser au contenu de ma valise pour un voyage qui arrive bientôt et je devrai effectuer un choix difficile ou payer pour une surcharge de poids. Je sais pourtant que je ne pourrai pas terminer dix romans en une semaine, mais je n’ai pas encore réussi à faire le virage vers la liseuse électronique. 
 
4- Quel est ton dernier coup de cœur littéraire ?  

Réponse : Que c’est difficile d’en choisir un seul ! J’ai envie de nommer celui que je suis en train de lire en ce moment parce que même si je ne l’ai pas fini, je suis sous le charme de la plume de Chloé Duval dans « À sa rencontre ». Le roman est écrit en deux volets qui se déroulent à la fois de nos jours et au tournant des années 1900. La distinction et les similarités entre les époques sont d’ailleurs ce qui me plaît. C’est un récit romantique à souhait, très différent de ce que j’écris. J’aime que cette histoire me transporte ailleurs et autrement. 
 
5- D’où proviennent les idées qui construisent tes personnages et ton univers ?  

Réponse : Je m’inspire de mon quotidien tout simplement. En général, je pars d’une minuscule idée. Parfois, il s’agit seulement d’un lieu, d’un objet ou du nom d’une personne. À d’autres occasions, c’est un individu ou une dynamique entre plusieurs individus qui font jaillir une scène. Dans quelques cas, une anecdote entendue ou vécue a permis d’enclencher mon imagination. Je laisse tout ça dans mon esprit, jusqu’à ce que germe lentement une plus grande inspiration. Il me vient alors des scénarios ou le ton que je souhaite donner au roman. C’est à partir de ce moment que je me lance officiellement. Je commence toujours en construisant la psychologie des personnages. Ce sont eux, en prenant vie graduellement, qui me dictent l’histoire que j’écris la plupart du temps sans plan. 
 
6- Combien de temps cela te prend-t-il pour écrire un roman ?  

Réponse : En moyenne, le premier jet demande de six à huit semaines, mais parfois, selon le genre, ça peut-être un peu plus long. Je pense notamment aux romans policiers, comme la série Les Enquêtes de Kelly McDade. Les récits à intrigue exigent plus de travail, car ils requièrent de fignoler le texte pour ne pas semer des indices trop évidents. Par ailleurs, je parle du temps pour le brouillon, mais il ne faut pas oublier qu’une fois que l’histoire est écrite, il reste encore à le réviser et le corriger. 
 
7- De quelle époque tes œuvres littéraires sont-elles inspirées ?  

Réponse : J’aime imaginer des histoires contemporaines. Je doute de créer un jour des récits se situant à d’autres époques. Je pourrais toutefois, comme c’était le cas dans Femme fatale, effectuer un bref retour en arrière, mais ce sera toujours de quelques années seulement. Ça demeurera donc dans l’appellation « contemporain ». 
 
8- Quelle est ton moment et endroit favoris pour écrire ?  

Réponse : Je suis une personne matinale, alors c’est certain que je suis plus productive à ce moment. Donc, le plus gros de mon travail se passe entre quatre heures et midi. Pour ce qui est de l’endroit, j’écris de partout ; chez moi, dans un café, sur une terrasse, dans l’avion… Je préfère être entourée et j’aime qu’il y ait de l’activité pendant mes séances d’écriture. Si je ne suis pas dans un lieu public, il y a de la musique dans mes oreilles ou une télévision sous mes yeux. 
 
9- Est-ce qu’il t’arrive d’avoir des pannes d’écriture ? Si oui, comment fais-tu pour y remédier ?  

Réponse : Je n’ai encore jamais connu de panne, mais il m’arrive d’avoir une hésitation quant à la direction à prendre. Dans ce cas, j’y vais avec l’option qui me semble plus logique sur le moment, même si deux chapitres plus tard, je change de scénario et j’efface tout pour recommencer. Quoi que je fasse, si je suis devant mon écran, j’écris. En poursuivant, il est commun que la réplique d’un personnage me guide dans une toute nouvelle orientation. C’est d’ailleurs souvent de cette façon que naissent les meilleures idées. 
 
10- Avant de te lancer dans de longues séances d’écriture, exerces-tu un rituel particulier ?  

Réponse : Je ne suis pas une personne de rituel ou de routine, alors au contraire, je change mon environnement et mes habitudes régulièrement. Par contre, j’ai toujours quelque chose à boire qui varie selon l’heure du jour. Et je coupe mes séances d’écriture par de l’activité physique, jamais la même chose ; marche, course, bicyclette, yoga… Il m’arrive aussi, si le manuscrit est plus exigeant, de faire une pause méditation dans la journée. 
 
11- Hormis l’écriture, il y a-t-il d’autres loisirs qui t’intéressent ?  

Réponse : J’aime la lecture, le cinéma et les voyages. Je place le voyage dans mes loisirs parce que dès que j’ai un moment de libre, je planifie la prochaine destination. Sinon, je trouve du plaisir dans les petites choses de la vie, comme une discussion intéressante avec des amis autour d’un bon verre de vin. 
 
12- Si tu devais peindre un portrait de toi-même, comment te décrirais-tu ?  

Réponse : Une amie artiste a peint sa vision de moi juste avant la sortie de mon premier roman. Elle m’a offert cette toile en cadeau, laquelle je conserve précieusement. Michèle Dubé, aujourd’hui décédée, a représenté la Sylvie toujours prise dans sa tête. Je me permets de la joindre en annexe. Sinon, outre la rêverie, un autre élément me caractérise particulièrement bien, soit le désir de faire les choses autrement. Je n’ai jamais trouvé la traduction fidèle, mais en anglais l’expression « Think outside the box » est probablement celle qui me correspond le mieux. Que j’ai du mal à fonctionner quand on m’exige des tâches d’une manière bien précise ! J’ai la fâcheuse tendance à vouloir faire différemment et à essayer de repousser les limites du possible. Pour le reste, si je m’en tiens à ta question, je me verrais bien en BD parce que l’autodérision fait partie de ma vie. 
 
13- Prévois-tu d’écrire d’autres histoires ? Si oui, pourrait-on en avoir un petit avant-goût ? 

Réponse : Oh que oui ! Je ne cesserai jamais d’écrire, même si mes romans ne sont pas publiés. Maintenant que je me suis laissé prendre au jeu, c’est fichu, je ne peux plus arrêter.  

 Je suis en train de réviser une duologie qui se déroule sur un campus universitaire en Californie. Il s’agit d’un récit psychologique mettant en vedette de jeunes adultes devant composer avec le chaos que devient leur vie en cherchant à dissimuler des secrets. Dans ces romans, au rythme plus posé qu’Évasion, publié l’an dernier, il y a des histoires sentimentales en trame de fond et un brin d’humour. Je viens aussi d’envoyer à mon éditeur une romance policière sensuelle campée à Miami, laquelle j’affectionne particulièrement. De plus, je suis en train d’écrire une romance humoristique que je devrais achever au courant de l’été. Dès que je l’aurai terminé, je plancherai sur une trilogie mêlant intrigue, amour et humour. Si je devais la résumer, je dirais qu’elle s’apparentera à Kelly McDade, mais qu’elle s’adressera davantage aux adultes. 

Merci Sylvie d’avoir joué le jeu ! 

#Sara

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