Chronique sur L’ombre de Jenna Fairchild tome 2 : Envie de Marie-Ève Dion

Envie

Note : 12/10 

 « — Je dois avouer que je commençais à croire que tu ne te réveillerais pas. 

— De… 

Ma voix n’était qu’un son étouffé. En passant par ma gorge, l’air laissa une sensation de brûlure qui me fit tousser immédiatement. Nathaniel m’aida à me redresser et me tendit un verre d’eau, qu’il m’aida à garder dans mes mains. Comme si je n’arriverais pas à le tenir. 

— Bois lentement. Prends ton temps. 

Je soupirai et pris une gorgée minuscule pour être certaine qu’elle veuille bien descendre dans ma gorge. J’avais l’impression que ma bouche était un désert, mais l’eau me fit le plus grand bien. Rassurée, je bus à nouveau, sans toutefois vider mon verre. Nathaniel le reprit et le déposa sur la table de chevet. 

— Depuis… depuis combien de… 

J’arrivais à peine à entendre le son de ma voix, mais Nathaniel comprit quelle était ma question : 

— Tu es ici depuis six semaines. Dans la confusion de ce qui est arrivé au manoir, l’un de mes Traqueurs a cru que tu étais du côté des démons et t’a frappée derrière la tête. J’ai pu intervenir avant qu’il aille plus loin. 

Je ne pouvais pas m’attendre à ce que tous les Traqueurs qui avaient accepté de nous aider approuvent que j’aie passé autant de temps avec un démon. Il semblerait que Nathaniel et moi étions quittes, à présent. 

En soutenant son regard, j’arrivais à deviner qu’il avait d’autres interrogations, mais qu’il ne voulait pas me brusquer. 

— Comment te sens-tu ? finit-il par me demander. 

— Fatiguée… 

Je voulus replacer une mèche de mes cheveux, mais une douleur me saisit le bras. 

— Ne brusque rien. Tu n’as pas bougé depuis que tu es arrivée ici. 

Je soufflai sur mes cheveux pour tenter d’écarter la mèche. Nathaniel comprit ce que je voulais faire et la replaça derrière mon oreille. 

— Comment se fait-il que je sois en vie ? demandai-je. 

Il ne me répondit pas immédiatement. Je fis de mon mieux pour repousser les couvertures et me raidis en apercevant mes jambes. J’étais déjà mince, mais je semblais maintenant n’avoir que la peau et les os. Je compris pourquoi Nathaniel m’avait rappelé que je n’avais pas bougé… Je n’avais pas utilisé mes muscles. J’ignorais comment ils avaient pu me nourrir pendant tout ce temps ni même s’ils l’avaient fait, mais une sensation de brûlure commença à se faire sentir dans mon estomac. Je ne devrais pas être en vie. 

Je compris que je l’étais à peine. 

— Amos, l’un de nos Passeurs, t’a visitée chaque jour pour s’assurer que ton âme, ton énergie, enfin, je ne suis pas un expert en la matière, demeure intacte. Nous avons fait ce que nous avons pu pour garder ton corps en santé. Honnêtement, j’ignore comment tu as pu survivre. C’est presque un miracle… 

C’était loin d’être un miracle. Bien au contraire. 

La Bête… Je faillis lui demander de se manifester, mais ce n’était pas quelque chose que je pouvais faire en présence du chef des Gardiens. Il n’avait même pas vingt ans, alors il n’avait certainement jamais croisé de créature semblable. 

— Je vais bien, humaine, m’assura-t-elle doucement, sans toutefois apparaître. 

— Néanmoins, reprit Nathaniel, ne l’ayant pas entendue, je suis soulagé que tu aies survécu. Puis-je te laisser seule quelques minutes ? Je vais prévenir Zachariah de ton réveil. 

J’acquiesçai. Nathaniel sortit de la chambre, me laissant seule avec la Bête. Sentant un élancement grimper dans mon dos, je me rallongeai. 

— J’ai cru que tu ne t’en sortirais pas, avoua-t-elle. 

— Il en faut plus pour me tuer, plaisantai-je. 

J’étais loin de me sentir en vie. Respirer m’était presque pénible. La Bête sentit mon découragement, car elle poursuivit son explication : 

— Si je n’avais pas été là, tu serais morte il y a cinq semaines. Tu as eu une poussée de fièvre à cause de la lame avec laquelle Amalthan t’a frappée. 

Je me souvins de ce moment. Je remontai la nuisette qu’ils m’avaient mise pour voir la marque qu’il m’avait laissée. Je ne vis qu’une cicatrice rosée sur mon ventre. ­Heureusement que la Bête me permettait de guérir plus rapidement, sinon je serais bel et bien morte. 

— Comment Daeva a-t-elle pu te repousser ? m’effrayai-je, les souvenirs de cette soirée refaisant surface dans mon esprit. 

— Elle arrive à manipuler ses âmes. Comme elle possédait celles de tous les habitants de la ville, elle a pu les retourner contre moi. La prochaine fois, je n’aurai qu’à lui arracher le bras avant qu’elle recommence. 

— Elle possède Viviane, me rappelai-je. Tu ne peux pas lui faire de mal… 

— La démone qui s’en sert de pantin ne voit sûrement pas les choses comme toi. 

Même si Viviane avait des facultés hors du commun, je doutais qu’elle soit capable de faire repousser un bras si la Bête le lui arrachait. Elle le savait aussi bien que moi. Je soupirai et fermai les yeux, sentant la pièce tourner légèrement autour de moi. »  

Jenna, Nathaniel & la Bête 

Résumé : « Tout s’était déroulé comme prévu. Excepté pour le fait que nous avions échoué lamentablement. Viviane était le nouveau vaisseau de Daeva et Anya Knight était toujours entre les griffes d’Amalthan 

L’unique raison pour laquelle les Gardiens ne m’avaient pas tuée était parce qu’ils croyaient que j’arriverais à les aider à arrêter les démons.  

Comment le pouvais-je ? Je n’étais pas un Traqueur. Je ne savais pas me battre, encore moins défendre quelqu’un. Je n’étais pas une Passeuse. J’étais seulement bonne à absorber les âmes, à les garder pour moi-même.  

Non…  

J’étais davantage un monstre. » 

 Mon Avis 

Pour commencer, il faut que vous sachiez que ce roman est une excellente suite à se mettre sous la dent. Ce deuxième tome doit évidemment être lu.  

Honnêtement, je ne regrette pas mon achat, car après la conclusion du premier opus… Il fallait que je l’aille sous la main. Marie-Ève Dion réussit avec brio à ficeler une intrigue aussi merveilleuse tout en y ajoutant de nombreux rebondissements et de l’humour. Sans aucun doute, ces ingrédients forment un parfait mélange. Elle est une écrivaine que j’apprécie depuis que j’ai treize ans, donc il va sans dire que je lirai ses histoires quoi qu’elle écrive.  

Dans le second tome de « L’ombre de Jenna Fairchild », on retrouve notre héroïne qui suite à ce qu’il s’est déroulé se retrouve dans un état de sommeil. Après avoir échoué lors de leur mission de sauvetage et d’espionnage, Jenna prend la décision de s’allier aux Traqueurs afin de sauver Viviane des griffes lacérantes de Daeva, une horrible démone aussi puissante que le monde, et Anya Knight emprisonnée par Amalthan, un démon au service de Daeva. Leur temps est compté… Arriveront-ils à les sauver avant qu’il ne soit trop tard ? Au fur et à mesure de cette aventure, Jenna va se découvrir de nouveaux talents hors pairs. Ainsi, plus, elle va prendre conscience de ces capacités et plus elle va apprendre à les contrôler. Un avantage pour les Traqueurs ? Alors quand la Bête, semi-ombre démoniaque, commence à ressentir certaines émotions, qui lui est inconnu, vis-à-vis Jenna, elle va prendre la décision de ne former plus qu’un avec son hôte, qu’elle considère comme une amie, afin d’harmoniser leur cohabitation. Parviendront-ils à arrêter les démons avant qu’ils ne créent l’apocalypse, ou pire… ? Au-delà du danger, trouvera-t-elle l’amour auprès d’une personne qui lui est chère ?  

En ce qui concerne la plume d’écriture de l’auteure, elle est fluide et accrochante à bouquiner. Dès les premières pages, on se sent directement entraîner par l’histoire. De plus, les feuilles défilent rapidement sans qu’on ne le remarque. Ma lecture s’est étanchée rapidement sans que je m’y attende. J’ai aussi adoré chaque moment passé avec tous ces personnages.   

En outre, Marie-Ève Dion décrit également plusieurs situations en y mettant son grain de sel et je dois vous avouer que quelques-unes me faisaient bien rigoler. Au niveau de l’univers imaginé, on a droit à des créatures surnaturelles aussi différentes l’une que l’autre. Dans ce roman, chacune de ces espèces ont un rôle à jouer afin de contribuer l’harmonisation des clans. Cela étant dit, ce concept est bien perçu à travers les pages.  

Un dernier mot ?  

Une œuvre littéraire se caractérisant par son monde fantastique original et précis. On y retrouve également une narration à une voix, donc nous voyons ce qu’il se passe grâce aux pensées de Jenna… Et je dois vous dire que certaines semblent discrètes aux yeux de tous. Sans compter que la Bête et l’humaine forment un puissant duo infernal. J’aime beaucoup leur lien indestructible, malgré le fait qu’il soit quelque peu malsain. De l’humour à profusion ! Il va de soit que je vous le conseille, j’espère qu’il vous plaira autant qu’il m’a plu. Maintenant, il est grand temps que je me lance, tête baissée, dans le troisième péché capital : la gourmandise.  

#Sara

 

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