Chronique sur Le cycle de Takeshi Kovacs, tome 1 : Carbone modifié de Richard Morgan

Carbone Modifie tome 1

Note : 9/10

« Les oreilles bourdonnantes, toujours au sol, j’ai jeté la grenade H vers le nouvel arrivant. Elle n’était pas amorcée et, de toute façon, le masque à gaz de l’homme l’aurait protégé, mais il n’avait pas eu le temps de l’identifier.

Il l’a repoussée avec la crosse de sa kalachnikov avant de reculer, les yeux exorbités derrière ses hublots de verre.

— Grenade !

Sarah était par terre à côté de son lit, la tête dans les bras et protégée de l’explosion. Elle avait entendu le cri et, profitant des quelques secondes que mon bluff nous avait accordées, elle s’est relevée, le pistolet à éclats brandi devant elle. Derrière le mur, je voyais les silhouettes prostrées dans l’attente de l’explosion. Les trois aiguilles monomoléculaires ont sifflé comme des moustiques en s’enfonçant dans l’homme de tête, traversant sa combinaison sans faire d’accrocs et s’enfonçant dans ses chairs. Il a poussé un grognement, comme s’il essayait de soulever quelque chose de lourd. J’ai souri en pensant au venin d’araignée qui lui mettait le système nerveux en vrac et j’ai commencé à me relever.

Sarah tournait son arme vers les silhouettes derrière le mur quand le deuxième membre du commando est apparu sur le seuil de la cuisine et l’a arrosée au fusil d’assaut.

Toujours à genoux, je l’ai regardée mourir avec une précision chimique. La scène était si lente qu’on aurait dit une vidéo image par image. L’homme tenait la kalachnikov bien serrée contre lui pour compenser le recul du tir. Le lit a été touché le premier ; il a explosé en fragments de duvet blanc et de vêtements déchirés, puis ça a été au tour de Sarah, prise en pleine tempête alors qu’elle se retournait. J’ai vu une de ses jambes se réduire en charpie sous le genou, puis des poignées sanglantes de chair ont giclé de son flanc pâle quand son corps a dérapé et s’est écroulé dans le rideau de plomb.

J’étais debout quand le fusil d’assaut a arrêté de tirer. Sarah était tombée sur le visage, comme pour cacher les dégâts qu’avaient faits les balles. Je voyais tout à travers un voile écarlate. J’ai bondi de mon coin sans réfléchir et l’homme n’a pas été assez rapide. Je l’ai percuté à mi-corps, j’ai bloqué son arme et je l’ai repoussé dans la cuisine. Le canon de la kalachnikov s’est bloqué dans le chambranle de la porte et il l’a lâché. J’ai entendu l’arme tomber par terre derrière moi au moment où nous traversions la porte. Aidé par la vitesse et la force nées du tetrameth, je lui ai grimpé dessus en repoussant son bras malingre et j’ai saisi sa tête à deux mains. Puis je l’ai éclatée contre le carrelage comme une noix de coco.

Sous le masque, les yeux de l’homme sont devenus vitreux. J’ai soulevé sa tête avant de la fracasser de nouveau et j’ai senti son crâne céder sous l’impact. J’ai gardé la prise et j’ai frappé encore. Un rugissement envahissait mes oreilles comme un tourbillon. Quelque part, je m’entendais hurler des obscénités. J’allais frapper une quatrième ou cinquième fois quand j’ai senti un coup entre les omoplates. Le pied de la table devant moi a craché des échardes, sans raison apparente. J’ai senti la douleur quand deux d’entre elles se sont plantées dans mon visage.

Toute ma rage s’est brutalement évaporée. J’ai lâché la tête de l’homme avec une certaine douceur et j’ai porté la main à mon visage en comprenant.

Je venais de me faire tirer dessus. La balle avait traversé ma poitrine pour finir dans le pied de la table. J’ai regardé, fasciné, et j’ai vu la tache sombre s’étendre sur ma chemise. Aucun doute. L’orifice de sortie était assez gros pour laisser passer une balle de golf.

La douleur a suivi la compréhension. C’était comme si quelqu’un m’avait enfoncé brutalement un cure-pipe en laine d’acier dans la poitrine. J’ai cherché le trou et j’y ai enfoncé deux doigts. Les phalanges ont gratté contre la rugosité de l’os et j’ai senti une membrane battre. La balle avait raté le cœur. J’ai grogné et essayé de me lever, mais le grognement s’est transformé en toux et j’ai senti un goût de sang dans ma bouche.

— Bouge pas, enfoiré ! »

Kovacs, Sarah et des policiers

Résumé : « Dans un avenir pas si lointain, la mort n’est plus définitive :

Vous pouvez sauvegarder votre conscience et vos souvenirs et les réimplanter dans un nouveau corps. De fait, pour Takeshi Kovacs, mourir n’est plus qu’un accident de parcours : il a déjà été tué plusieurs fois. C’étaient les risques du métier dans les Corps diplomatiques, les troupes d’élite du Protectorat des Nations unies expédiées à travers la galaxie. Mais cette fois, on le ramène sur Terre pour mener l’enquête : un riche magnat veut élucider sa propre mort. La police a conclu au suicide. Or, pourquoi se suicider quand on sauvegarde son esprit tous les jours, certain de revenir parmi les vivants ? »

Mon Avis

Avant tout, je remercie chaleureusement La Boite de diffusion pour cette petite découverte intergalactique.   

Il faut que vous sachiez que le premier tome de la série était assez complexe à lire. Malgré cela, j’ai aimé les nombreuses scènes d’action, elles sont bien détaillées. Honnêtement, c’est un polar bien difficile et violent, mais ça ne m’a pas empêché de continuer ma lecture, au contraire, c’est ce qui faisait que l’histoire devenait de plus en plus intéressante à bouquiner.

Les personnages sont surprenants et bien construits. L’histoire est également diversifiée par son changement de point de vue. Il va sans dire qu’aux yeux de tous, on découvre une société futuriste où la vie n’est pas vraiment rose bonbon.

Dans ce roman, nous faisons la connaissance de Takeshi Kovacs, un  antihéros inhibé de défauts. À l’époque, cet homme était un ancien soldat des Corps Diplomatiques. Il faisait partie des troupes d’élite du Protectorat des Nations Unies. Il a vécu dans de nombreuses enveloppes corporelles en expérimentant plusieurs professions et identités. Toutefois, après avoir été ressuscité à maintes reprises, Kovacs est de nouveau ramené à la vie. Agissant, désormais, en tant que détective privé, il est appelé pour enquêter sur la mort du richissime, Laurens Bancroft.  Alors que la police voit cette mise en scène comme un suicide volontaire, Kovacs, sceptique, ne partage pas le même point de vue. Par conséquent, Takeshi n’a pas d’autre choix que d’élucider cette enquête criminelle afin que la vérité éclate au grand jour. Au fur et mesure qu’il découvre des preuves importantes, il va se rendre compte que les complications ne sont pas très loin.

Vu comme un militaire hasardeux et agressif, il peut, à certains moments, être physiquement et mentalement instable. Ceci dit, malgré sa sombre personnalité, Takeshi Kovacs est un personnage vraiment fascinant. On dirait un mélange de Blade et Neo dans le film « La Matrice ». Le 26e siècle est, sans hésiter, une époque très contemporaine. La technologie a également évoluée à son maximum. J’ai vraiment adoré découvrir cette nouvelle perception de notre société à venir. Dans cette œuvre littéraire, le savoir-faire permet la sauvegarde de toute conscience et personnalité humaine. Le changement de corps est aussi possible, mais seules les personnes riches peuvent se permettre d’acheter des organismes ou toutes autres récentes techniques.

Quel que soit l’intervalle, il y aura toujours une incontestable forme d’hiérarchie sociale où seuls les individus possédant une énorme fortune pourront survivre.   

En ce qui concerne la plume d’écriture de l’auteur, elle est fluide et très détaillée. Richard Morgan ne se gêne pas pour ajouter de nombreuses couches de coloration à son histoire. Je me suis infiniment bien régaler avec ce premier tome. Sans compter que je ne suis pas déçu de l’avoir lu, « Carbone modifié » est un roman qui m’a donné des sueurs froides dès les premières pages.  

Un dernier mot ?

Découvrir ce roman policier a été une vraie partie de plaisir. Ce récit contient du suspense et de l’action du début jusqu’à la fin. Je vous le recommande, mais attention à ceux qui ont l’âme sensible, vous risquerez de trouver cela un peu trop offensif. Entrez dans un monde innovateur où l’erreur humaine n’est pas une option envisageable.

#Sara

 

 

 

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