Entrevue de Marie-Claude Charland

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1) Parlez-nous un peu du parcours qui vous a menée vers l’écriture :

Réponse : Autant que je me souvienne, j’ai toujours vécu avec un pied dans la réalité et l’autre dans les brumes de mon imaginaire. Enfant, un rien suffisait à provoquer en moi une étincelle qui me propulsait ailleurs, mon environnement était une source inépuisable d’inspiration et un formidable terrain de jeu. Je pouvais aussi passer de longues heures enfermées dans ma bulle, à inventer des histoires que je faisais ensuite acter par mes poupées Barbie. J’étais scénariste et productrice, et elles, des actrices qui jouaient dans mes films. C’était ma façon, à l’époque, d’exprimer ma créativité, de sortir de ma tête toutes les idées qui y bouillonnaient.

Puis, quand je suis devenue trop grande pour jouer à la poupée, j’ai commencé à tenir un journal intime, mais je n’étais pas très assidue. J’ai aussi griffonné quelques poèmes par-ci par-là. Ensuite, pendant longtemps, j’ai entretenu une correspondance avec ma cousine qui habitait loin. Chaque semaine, je lui postais une lettre de plusieurs pages dans laquelle je lui racontais absolument tout, mes joies, mes peines, mes amours. L’écriture était pour moi une excellente façon d’exprimer mes émotions et je m’y adonnais avec plaisir.

Vers l’âge de 14 ans, j’ai commencé à lire régulièrement et je suis très vite devenue accroc! Je dévorais tout ce qu’il y avait dans la bibliothèque de ma mère, en particulier les romans d’amour. Mais avec le temps, je suis devenue plus sélective et quand je n’aimais pas quelque chose dans un roman, j’inventais dans ma tête une autre version plus satisfaisante. Un jour, je me suis dit, pourquoi ne pas écrire ma propre histoire? Pourquoi ne pas en écrire une qui sera complètement à mon goût et que je pourrai ensuite relire pour le plaisir? Alors j’ai pris un crayon et un cahier Canada et j’ai commencé à noircir les pages. À partir de ce moment, l’écriture s’est muée en un besoin viscéral, obsessionnel, elle est devenue pour moi aussi essentielle que l’air que je respire et elle le reste encore aujourd’hui.

2) Comment avez-vous créé vos romans, leurs univers ?

Réponse : Au début, il y a toujours ce que j’appelle une phase d’incubation : l’histoire mijote dans ma tête, elle mûrit, se précise et se complexifie. Je prends des tonnes de notes et je commence à faire les recherches nécessaires. Cette étape est vraiment très importante pour moi et j’y consacre énormément de temps. Bien maîtriser mon sujet est essentiel pour créer des personnages, des lieux et une histoire crédibles, c’est la base. 

Puis, quand mes idées ont assez mûri et que j’ai assez d’information, je commence à rédiger le premier jet. Tant pour Côte-Blanche que pour Éperons et dentelle, j’ai travaillé sans plan et sans fiche de personnages. Tout était dans ma tête. Mon histoire se développait au gré de mon inspiration et j’apprenais à connaître mes personnages au fur et à mesure. J’ai longtemps écris de cette façon, mais plus aujourd’hui. Avec le temps, j’en suis venue à changer radicalement de méthode. Maintenant, je fais un plan détaillé et je travaille à l’avance la psychologie de mes personnages, leur parcourt, leur rôle dans l’histoire, etc. J’ai besoin de les connaître avant de les mettre en scène et j’ai aussi besoin de savoir où je m’en vais, du moins dans la mesure du possible puisque bien des choses peuvent changer en cours d’écriture! C’est d’ailleurs ce qui fait toute la beauté de cet art. On donne vie à des personnages, on leur crée un univers et on leur façonne des intrigues, mais ils s’amusent parfois à prendre le contrôle et nous amènent là où on s’y attendait le moins. Certains surgissent même de nulle part alors qu’ils n’étaient pas du tout prévus! Mais c’est ce qui fait que j’ai autant de plaisir à écrire. 

Cote-Blanche tome 1                 La legende de Falcontown tome 1

3) D’où l’idée est-elle partie ?

Réponse : C’est très simple, je me suis inspirée de ce qui me passionne dans la vie, me fait vibrer. Pour Côte-Blanche, j’ai décidé de combiner mon intérêt pour le paranormal, les vieux manoirs et les contextes historiques, alors que pour Éperons et dentelle, c’est le western, les cow-boys et le mystère. Et bien sûr, les ingrédients de base sont la passion et l’amour!

Cimetiere     Bottes de cow-boy

Côte-Blanche, une série historique où la romance et le paranormal se côtoient. Laisse-vous enchanter par la douce et espiègle Lauriane Bélisle et par l’authentique et intriguant William Fedmore. La légende de Falcontown est un roman western qui vous transporte au Wyoming aux côtés de Delcy et Jay. Découvrez les dangers qu’encombre la route de l’Ouest.

4) D’où provienne les idées qui construisent vos personnages ?

Réponse : Comme je ne m’inspire jamais de personnes réelles pour créer mes personnages, je dirais que la grande majorité de mes idées viennent directement de mon imagination. Il m’arrive de temps en temps de pêcher à gauche et à droite certains détails qui me frappent plus particulièrement, ça peut être une parole prononcée par quelqu’un, un détail physique, un trait de caractère, mais c’est assez rare, je dirais.

5) De quelle époque vos œuvres sont-elles inspirées ?

Réponse : Dans le cas de Côte-Blanche, je me suis inspirée de la fin du 19ième siècle, au Québec. Le tome 1 débute en 1889, plus précisément. Pour ce qui est d’Éperons et dentelle, l’histoire se déroule dans le monde d’aujourd’hui.

6) Combien de temps cela vous prend-t-il pour écrire un roman ?

Réponse : C’est très variable d’un roman à l’autre et je n’ai jamais fait de calcul parce que j’ai tendance à écrire des histoires très étoffées et que j’ai un côté ultra perfectionniste/tyrannique/éternelle insatisfaite : deux éléments qui ne font pas toujours bon ménage quand vient le temps de rencontrer des échéanciers…  Il y a aussi tout l’aspect recherches et réflexions qui font partie intégrante du processus, et donc, on peut facilement parler de quelques mois à quelques années. 

7) Votre moment et endroit favoris pour écrire ?

Réponse : Le matin avec un bon café! J’ai toujours été une lève-tôt, j’aime ce moment de la journée où on a l’impression d’avoir beaucoup de temps devant soi, où le monde semble nous appartenir. Ce moment où l’esprit est reposé, vif et alerte, mais encore assez près de l’univers des songes pour y puiser un peu de folie et d’énergie créatrice. Par contre, je n’ai pas d’endroit favori pour écrire. J’ai un bureau à la maison, mais en fait je traîne mon ordinateur portable là où mon humeur me guide, pourvu que ce soit quelque part chez moi, parce que je suis absolument incapable d’écrire dans un lieu public. On dirait que l’énergie des gens autour fait interférence et je n’arrive tout simplement pas à me concentrer.

8) Êtes-vous une lectrice derrière l’auteure ? Si oui, quel est votre dernier coup de cœur littéraire ?

Réponse : Oh oui! Je considère que la lecture est la nourriture de l’écrivain, mais je lis avant tout par passion. J’admets cependant que je lis moins qu’avant depuis quelques années, peut-être parce que j’écris davantage. Dernièrement, j’ai relu un classique de mon auteure fétiche Kathleen E. Woodiwiss : Cendres dans le vent. Même après autant d’années, cette histoire reste dans mes coups de cœur!

Je remercie chaleureusement Marie-Claude Charland pour avoir pris le temps de répondre à nos questions.  

#Sara & #Mychele

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