Chronique sur Quand la nuit devient jour de Sophie Jomain

Quand la nuit devient jour

Note : 13/10

« Il me soulève le menton, et quand je le regarde, je me sens si démunie.

– N’avez-vous rien à dire à mon sujet, Dr Peeters ?

Il retire sa main et s’accoude à la table sans me quitter des yeux.

– Au contraire, Camille, j’aurais énormément de choses à dire à votre sujet que la morale de votre famille réprouverait. À propos de votre physique, d’abord, que vous semblez avoir tant de mal à apprécier. Je devine, à travers votre jean, la plus jolie paire de fesses que je n’ai jamais vue. Vous avez des cheveux magnifiques, de grand yeux qui n’ont besoin d’aucun fard pour exprimer la fièvre qui dort en vous. Vos lèvres me font naître des envies inavouables, à commencer par celle de vous les mordre à pleines dents. Glisser les mains le long de votre corps frêle, respirer l’odeur sans artifices de votre peau, goûter votre sueur, entendre vos gémissements. J’aimerais exprimer tout ça. Dans un autre contexte, une autre histoire, c’est ce que je dirais de vous, de ce que je ressens à votre contact. Mais je ne peux pas. Ce n’est pas le genre de choses qu’on peut dire, n’est-ce pas ? Pas lorsqu’on est médecin, qu’on prend soin de vous, qu’on veille à votre vie pour mieux vous amener à la mort et qu’on a le devoir d’imposer une distance qu’il est de plus en plus difficile à maintenir. Vous m’avez happé, parce que vous êtes une femme sensible, touchante, discrète, paradoxalement nerveuse et effrontée, dotée d’un courage et d’une détermination que le plus fort d’entre nous ne pourrait affronter. Mais même ça, vous serez la seule à l’entendre, Camille. Vous devrez vous en contenter. »

Marc & Camille

Résumé : « On m’a demandé un jour de définir ma douleur. Je sais dire ce que je ressens lorsque je m’enfonce une épine dans le pied, décrire l’échauffement d’une brûlure, parler des nœuds dans mon estomac quand j’ai trop mangé, de l’élancement lancinant d’une carie, mais je suis incapable d’expliquer ce qui me ronge de l’intérieur et qui me fait mal au-delà de toute souffrance que je connais déjà.
La dépression. Ma faiblesse.
Le combat que je mène contre moi-même est sans fin, et personne n’est en mesure de m’aider. Dieu, la science, la médecine, même l’amour des miens a échoué. Ils m’ont perdue. Sans doute depuis le début.
J’ai vingt-neuf ans, je m’appelle Camille, je suis franco-belge, et je vais mourir dans trois mois.
Le 6 avril 2016. Par euthanasie volontaire assistée. »

Mon Avis

J’ai été particulièrement touché par cette fabuleuse histoire. Surtout en ce qui concerne le passé de Camille. Nous vivons dans un monde où la beauté est une conception importante aux yeux de chaque être humain.

Dans « quand la nuit devient jour », on accompagne Camille, une jeune femme de vingt-neuf ans qui combat la dépression et le mépris de son propre corps. Ces deux déclencheurs la conduisent vers l’anorexie et la boulimie. Camille va même à se mutiler afin d’oublier cette vie qu’elle ne désire pas. Plus les années passes et plus sa souffrance est dure à porter. Par conséquent, étant d’origine belge, Camille dispose d’une acceptation énoncée par les généralistes afin de mourir par euthanasie assistée. Ayant tout planifier, elle décide de vivre les trois derniers mois de sa vie. Camille sera également chaperonnée par une brigade de spécialistes qui l’aideront à se délivrer du mal qui la ronge depuis des années. Grâce à leur empathie, Camille vivra les plus beaux jours de son existence. En effet, des sentiments qu’elle ne pensait plus jamais éprouver viendront envahir sa douce obscurité. Et si l’amour était la clé de sa rédemption ? Mais est-ce assez pour délaisser sa délivrance ?

Le personnage de Camille est très émouvant à suivre. Elle mérite d’être entendu. L’auteure nous a pondu une histoire qui résume parfaitement les témoignages de cette héroïne.

Sophie Jomain est une écrivaine que j’ai découvert à travers une de ses séries. « Les étoiles de Noss Head » est à mes yeux une saga parfaitement bien écrite. Le fait de savoir que ce roman a été rédigé par la même personne m’a donné envie de le lire. Dès que mes yeux se sont posés sur les premières lignes, je n’ai pas pu le délaissé. En une journée, j’avais déjà terminé le manuscrit. Le style d’écriture de l’auteure est fluide et savoureux à lire.

Ce thème ne pas laisser insensible à la situation. Des larmes coulaient sans que je puisse m’arrêter et pourtant, je continuais à le lire sachant la douleur que je ressentais en lisant le roman.

Ayant étudier la psychologie et la psychiatrie, je savais me repérer quand les médecins se parlaient entre eux. Sans compter les résolutions humanistes qui sont abordés. Celles-ci nous pousse à savourer la seule vie que nous avons.

La finale de cette œuvre m’a fait légèrement sourire. Au début, Camille était prête à mourir, mais au fil des pages, une relation s’est développée entre elle et le docteur Marc Peeters. D’une certaine façon, je crois qu’elle espérait encore trouver l’amour et ce fût le cas. Je me suis profondément attachée à elle. Alors, quand j’ai lu les dernières pages, je souhaitais secrètement qu’il ait un deuxième tome. D’après moi, l’écrivaine nous a offerte une conclusion ouverte afin qu’on puisse nous-même imaginer sa propre issue.

#Sara

Je voudrais remercier Ava des éditions Québec Loisirs de m’avoir donné ce précieux cadeau.

Je vous offre également le lien de notre partenaire littéraire : http://www.quebecloisirs.com/

Je vous suggère d’aller jeter un coup d’oeil à ce magnifique roman, il en vaut la peine : http://www.quebecloisirs.com/d-ailleurs/quand-la-nuit-devient-jour-fl00332717.html

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